Jeudi 12 janvier, mon amie française me quitte ce matin, elle rentre en France. Un petit dèj. à base d’oeufs pommes de terres et tomates accompagné de thé me ravigote, je remonte prendre une douche et préparer mon bagage. Gueshe vient me chercher pour déposer mon sac chez lui. Je le laisse à ses occupations et vais déjeuner en ville. Tout d’un coup la frustration que j’ai eu 2 jours auparavant tombe car mes trois jeunes moines viennent me saluer. J’ai du plaisir à les revoir car je sais que maintenant je pourrais avoir tous les renseignements, noms adresse et Gonpa ainsi que le numéro de téléphone ou je peux les joindre, je les remercie pour leurs cadeaux. Ils vont passer deux jours de plus dans le site, nous prenons une verre et ils me quittent tout sourire.Je reste un moment assis à la terrasse et un groupe d’étudiant d’Inde du nord vient m’assaillir, ils veulent faire des photos avec moi, cela me rappelle la séance photo du même genre à Ushuaya. Je me prête agréablement au jeu, ils ne sont pas venus pour le Kalashakra mais pour visiter la région. Lama vient me chercher vers 17h avec une jeep qui va nous mener à Patna, la gare ou nous prendrons le train pour Pune, il est accompagné par un couple d’amis tibétains qui ont assisté aux enseignements et qui rentrent chez eux à Pune. Nous avons environ 3h de voiture pour nous y rendre. Diner local dans un petit village. Notre train part à 23h, toujours beaucoup de monde dans les gares indiennes, même la nuit, comme les aéroports d’ailleurs qui fonctionnent 24h sur 24. Le quai annoncé n’est pas le bon, cela arrive quelques fois, une course pour récupérer celui ou notre train attend. Nous sommes dans un wagon couchette seconde classe, il n’y avait plus de place en première, il y a encore une classe en dessous mais sans couchette celle là. Nous nous installons, 6 par compartiments qui sont différents de nos anciens trains car pas de cabine fermée, seulement une séparation. Réveil le lendemain matin vers 6h30 par les vendeurs de thé, tchaï et autres boissons ainsi que les petits dèj. Toute la journée ils passent, nous sommes sur de ne manquer de rien, ainsi que les repas du midi et du soir. J’arpente les wagons car le couple est placé 6 voitures plus loin. Je me rend vite compte que les têtes blondes sont rares, je dirai même que je n’en ai vu aucune. Ce sont les moments que je préfère dans mes voyages, me retrouver seul au milieu des autochtones, car voyager à plusieurs ne permet pas de se mêler facilement à la population, les rencontres n’ont pas la même ampleur. Nous avons 2 nuits et un jour à passer dans le train, finalement cela ne m’a pas sembler long. Nous croisons maintes villages et hameaux, pas mal de cultures et animaux . Je reconnais que la campagne indienne n’a pas le charme de la notre, je m’en satisfais. Arrivée à Pune vers 7h du matin, le couple ami nous amène chez eux pour un breakfast et un passage dans la salle d’eau. Ils habitent un coquet appartement au 3ème et dernier étage, avec une petite terrasse ensoleillée, ils sont seul à l’étage. Nous faisons une réservation pour un bus de nuit qui va nous amener à Mysore départ 15h30, après un bon déjeuner, nous prenons un rikshaw qui, suite à des encombrements, va nous déposer 5 minutes trop tard à la station, pas grave la même agence nous propose un départ imminent pour Bangalore, de la nous prendrons un bus local pour Mysore ou nous arrivons le lendemain matin à 8h.

 

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Dimanche 15 janvier, je souhaite un heureux anniversaire à mon fils. Un autre bus pour la petite ville de Hunsuk, rejointe en une heure, la traversée de la ville me permet de dire que Mysore m’a l’air d’une ville agréable avec pas mal de monuments et de jardins, elle doit être touristique car les têtes blondes ont réapparu. Un rikshaw ensuite pour nous conduire 14km plus au sud pour le village de Gurupa ou habite un couple de tibétain ami du Lama. Il est habité entièrement par des réfugiés tibétains, entouré par le villages indiens, il est facile à trouver car dans tous les alentours les drapeaux de prière volent au vent, accrochés aux arbres. Me voici dans l’Inde profonde, je m’y sent comme chez moi, à l’aise. Nous allons y passer deux jours, deux jours sublimisés par l’accueil qu’on y reçoit. Une maison fort agréable composée de trois bâtiments entourant une cour fleurie et un grand jardin planté d’arbustes chatoyants, de palmiers et cocotiers,pas où peu de bruit, sinon les oiseaux, que demander de mieux après ces trois nuits passées dans les transports. Le fils et une des filles viennent nous rejoindre. Je vais faire une ballade en campagne avec la fille qui est professeur en vacances en ce moment, elle est rentrée il y a quelques mois d’un séjour de deux ans dans une université New Yorkaise. Au coucher du soleil elle me propose de faire demi tour car il arrive parfois que des éléphants viennent squatter les environs. Le lendemain je vais avec elle en scooter  visiter les deux monastères proches du village. Le frère quant à lui, travaille à Bangalore pour une boite américaine. Le père a fait un cour passage dans le film de Jean Jacques   Annaud, Sept ans au Tibet, il est donc parti en Argentine pour le tournage, les chinois ayant refusé que le film soit tourné en Chine. Voilà encore une preuve de la non permissivité de ses dirigeants. Belle démocratie. Nous passons ici deus jours merveilleux d’autant plus que la maitresse de maison et une cuisinière hors pair, plats tibétains où indiens. Le matin de notre départ je me vois offrir une Tanka, un des six symboles de longue vie, j’en suis très touché et ne peut retenir une larme. Une Tanka est un cadeau précieux, ils me font promettre d’aller les visiter à nouveau si je reviens dans le sud, j’ai donc pris rendez-vous pour le mois de juin avant de me rendre au Ladakh. Le fils et la fille nous accompagnent jusqu’à Mysore ou ils vont passer la nuit, nous avons un train à 22h30 pour Hubly. Visite de la ville qu’ils connaissent bien, eux sont nés en Inde, leur parents qui n’étaient que des enfants à l’époque sont passés du Tibet au Népal par l’Himalaya en 1959 la même année que le Dalaï Lama, à l’invasion du Tibet par les chinois. Journée éreintante et bruyante. Nous nous quittons au départ du train, nous nous reverrons en juin. Le premier mars jour de la rentré scolaire dans la région, comme au Ladakh, elle intègre une nouvelle école située à 10 minutes de tuk tuk du monastère de Séra d’ou sont les trois jeunes moines rencontrés à Bodgaya. Finalement, vu l’immensité du pays, tout s’enchaine pas mal.

 

 

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Mercredi 18 janvier, arrivée le matin avec 2h de retard à Hubly, petit dèj. près de la gare, aussi bruyante que les autres, Lama retrouve ensuite des moines qui se rendent également à Drepung University, lieu ou nous nous rendons pour passer quelques jours. Gueshe y habite. Nous affrétons une jeep qui nous conduit sur les lieux en une bonne heure. Je ne sais à quoi m’attendre à mon arrivée car je ne connais pas ces grands monastères, ont me dit qu’il est habité par 6 où 7000 moines!!!! En fait, Drepung est une université Tantrique, elle fait partie des 5 où 6 université Tantrique de l’Inde. Nous y voila, après avoir traversé quelques villages indiens. La route asphaltée  se termine en une piste qui est un cul de sac, donc pas de véhicule de passage, le calme règne. Il faut s’imaginer un grand village de nos campagnes mais habité seulement par des robes rouges, il y en a partout, impressionnant. Il est entouré par un premier cercle de villages de réfugiés tibétains et ensuite par les villages indiens. Je ne m’y sent pas dépaysé, oh bien sur rien à voir avec les monastères ladakhis mais la façon dont il tout ça est construit ne joue pas dans l’immensité. Des petites maisons, des petits immeubles, une rue  principale le traverse et partant de là, des ruelles remplies de temples, d’écoles de shops ou l’on trouve principalement de la nourriture des boissons des vêtements pour moines, d’échoppes ou l’on y vend des jus de fruits, cocas, eau minérale et thé, une clinique. On me prévient de faire attention car je n’ai pas de laisser passer pour rester dans l’université, en effet les non indiens où tibétains ne peuvent y rester sans le précieux sésame. Donc faire attention à la police qui rode, sinon confirmer que je suis Bouddhiste et viens visiter les lieux seulement pour quelques heures. S’ils n’acceptent pas ma réponse, je pense qu’il me faudra sortir quelques roupies sous le manteau pour le silence du contrevenant, je peux également être renvoyé à Hubly, ce que je n’espère pas. Une  anecdote à Mysore pendant la visite du palais du Maharadja, un policier m’a, pendant que j’étais en train de prendre une photo, arraché mon petit appareil et n’a voulu me le rendre qu’en échange de quelques roupies, belle mentalité. Je voyais les gens faire des photos, mais seuls les téléphones portables étaient autorisés, pourquoi? I don’t know. Quelques mètres à faire pour rejoindre le logement du Lama, une pièce d’ environ 14 m2, une petite cour attenante ou se logent  cuisine et salle d’eau. Ils sont deux à y vivre. J’ai plusieurs fois remarqué lorsqu’ils me demandent comment je vis en France qu’ils sont étonnés lorsque je leur annonce le nombre de pièce et la surface, étonnés aussi que j’y vive seul, sans les parents où les enfants. Un plat de momos aux  légumes encore fumants nous y attend avec du thé brulant, Lama avait du prévenir de l’heure de notre arrivée. Je me régale de ce plat. Je vais faire un tour au temple du Drepung qui jouxte la maison en faisant attention. Il date des années 80 donc récent en comparaison des monastères ladakhi qui ont plusieurs siècles de création. Ce soir trois Lamas nous rendent visite pour le diner, un peu plus tard un Gueshe de Stongde au Zanskar qui est installé à Drepung passe boire un thé. Après le diner Lama m’accompagne dans la maison qui va me servir de domicile pendant les quelques jours à passer ici. Une grande maison à l’entrée du village entourée d’un parc ou poussent tranquillement bananiers, cocotiers, palmiers et arbustes à fleurs colorées, rouge jaune, orangé, couleurs des monastères, cerise sur le gâteau, ils ont une piscine de 8x4m, ils sont en train de la nettoyer pour la mettre en eau rapidement. Quatre moines vivent ici dont celui avec qui je dois partager la chambre n’est pas encore rentré de Bodgaya.

 

 

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Jeudi 19 janvier, à mon réveil, le ciel est encore bleu, depuis mon arrivée dans le sud, je n’ai toujours pas vu un nuage, c’est étonnant, chaleur la journée, fraîcheur la nuit. Lama vient me retrouver vers 8h, au petit déjeuner, oeufs frits chapatis et thé. Ce matin Lama va faire des courses au village le plus proche, il y va seul car c’est un peu risqué pour moi. Je m’installe dans le parc et en profite pour mettre de l’ordre dans mon blog. Cet après midi nous nous rendons dans la quartier ladakhi ou nous retrouvons un moine du Ladakh, de la Nubra vallée au nord de Ley. Je le revoie tous les ans au Zanskar à l’occasion du festival de danse Cham, le Gustor. Il est bien sûr très étonné de me voir ici. Ballade dans la campagne entre les champs de coton et les bananeraies. Après le diner nous allons faire un tour au village, la nuit il y a peu de risques, les rues sont animées, de nombreux moines prennent le frais.

 

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Vendredi 20, un moine ladakhi vient me chercher vers onze heures pour allez déjeuner avec le Lama de la Nubra rencontré hier, j’y retrouve un couple de Kassar au Zanskar, village près de Karsha, ils sont venus pour le Kalashakra et en profitent pour faire un tour dans le sud de l’Inde. Ballade en campagne et visite du village avec le Lama, nous assistons à un superbe couché de soleil rouge sur les petites collines avoisinantes.

 

 

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Samedi 21 janvier, ce matin nous prenons une jeep pour nous rendre au monastère de Gaden, à 10 minutes d’ici. un peu moins important que Drepung. Je visite deux temples qui font eux aussi dans l’immensité cela doit être impressionnant d’assister à une Puja avec de telles salles remplies de moines. A drepung et Gaden n’officient que des Gelougpas «bonnets jaunes» pour ceux qui s’intéressent un peu au Bouddhisme. Déjeuner d’un showmen «pâtes aux légumes» arrosé de coca. Nous rencontrons au village des nonnes de Zangla au Zanskar, elles sont venues pour le Kalashakra et en profitent elles aussi pour visiter le sud. C’est leur première escapade en dehors du Ladakh, elles sont accompagnées par quelques laïcs. Tout ce monde est aussi étonné que moi de nous retrouver ici.

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Dimanche 22 janvier, Lama revient de l’agence de voyage avec le billet de train retour Hubly-Delhi, nous partons demain après midi. Nous passons visiter un temple et restons avec quelques moines sur la pelouse pour profiter de ces moments forts agréables, j’aime les écouter parler en tibétains, ils parlent d’une voix calme et posée, je me répète peut être mais tout est serein. Avant le diner, je me rends dans une des écoles pour les plus jeunes moinillons, de 5h à 7h ils ont un cour de mémorisation des Mantras «prières» en tibétain bien sur, beaucoup plus de chahut que cet après midi car parfois ils mémorisent à voix haute, ce qui met de l’ambiance dans la classe. Le plus jeune ne doit pas avoir 7 ans. Après le repas je vais assister a un cour de Joutes oratoires où Joutes philosophiques, pour les jeunes adultes, la aussi beaucoup d’ambiance. Ils sont plus de 200 dans une grande cour à répéter par groupes de 20 à peu près. Ils ont rendez vous tous les soirs, je les quitte à 22h, ils n’ont pas terminé.