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"Je vis" – Carnet de route d'un Globetrotter

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août 13th, 2010 | in Eté, Ladakh, Voyages, Zanskar | Leave a comment

Vendredi 2 juillet, ce matin avec des marteaux et quelques autres outils nous donnons encore un peu d’espace au pneu, la encore, les 4h de route restantes sont sans grands virages, nous suivons la vallée du Zanskar. Les chutes de neige du printemps, laissent des traces, encore peu d’herbage, beaucoup d’eau dans les ruisseaux tombant des montagnes. Par contre pas de souci d’eau cet été pour les villageois. Nous mettrons finalement 5h00 pour faire la route. Hier au Pensi-la nous avions remarqué que les doksas «bergeries d’été» n’étaient pas encore installées, pas de yak ni mouton et chèvre, le froid de cet hiver a retardé les herbages, par contre ce matin dans la vallée nous avons croisé pas mal de troupeaux qui prenaient le chemin des bergeries, avec une dizaine de jour de retard. J’aperçois au loin Karsha Gonpa à flan de montagne, un léger pincement au coeur se fait sentir, m’y voila même si je dois terminer à pied. Je pense que ce voyage épique restera gravé. Nous arrivons à Karsha chez une soeur du Lama, déposons la voiture chez elle, restons pour déjeuner. Dans l’après-midi direction le monastère où dans la montée je rencontre déjà quelques moines, me voici devant la porte, Lakpa le jeune moine qui vit avec Lama Sandup est là, chaudes retrouvailles, il court le chercher à la Gonpa. Nous voici installés devant une tasse de thé à nous raconter nos petites histoires, je dépose les cadeaux pour chacun, pendant que Lama prépare le diner. Je ne sort pas, fatigué par ce voyage. Nous dinons tôt, il est 20h30 je monte me coucher. Lama me demande de ne pas me lever demain pour la Puja «cession de prière» de 6h30.

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Samedi 3 juillet, effectivement je n’émerge qu’à 8h30, la nuit aura été réparatrice, du thé au lait et de la tsampa «farine d’orge» m’attendent en bas. Un brin de toilette, le temps est maussade, je sort faire un tour, distribue des Julé Julé «bonjour» au moines que je rencontre, les jeunes sont à l’école. Je prendrai mon premier déjeuner au monastère, c’est ici que je retrouverai la majorité d’entre eux pour les saluer. Cet après-midi je passe à l’école et reste avec le nouveau prof. il n’y a toujours qu’une seule classe pour toutes les catégories d’âge, ce qui parfois crée un certain brouhaha. Il y a trois prof en tout qui se relaient selon les matières.

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Mardi 6 juillet, c’est aujourd’hui l’anniversaire du Dalaï Lama 75 printemps, toutes les écoles sont en congé, il y a eu une journée festive au Photang «résidence et temple» de celui ci lorsqu’il vient au Zanskar. Ses derniers enseignements ici datent du mois d’aout 2009. Il n’était pas présent aujourd’hui mais la journée lui était consacrée avec des chants, danses produits par les écoliers et les villageois. Les officiels étaient là ainsi que de nombreux moines et nones.

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Jeudi 8 juillet, hier soir nous étions invités à diner dans la famille de Lama Sandup à Karsha, j’ai revécu un chaleureux moment avec eux, ils leur restent encore trois enfants à la maison, l’ambiance est toujours agréable, les familles Zanskarpa savent vous mettre à l’aise. Aujourd’hui les moines préparent la cérémonie du festival de Karsha, cette année il n’y aura pas de danses car les pluies diluviennes ainsi que la neige abondante ont fait pas mal de dégâts au monastère, quelques vielles maisons et la cour du temple principal ont souffert de ces intempéries. Ils ne veulent pas prendre le risque de recevoir beaucoup de monde dans cette cour. Il n’y aura donc que des Pujas tout au long de ces deux journées du 9 et 10 juillet. Préparation des Thormas «objets rituels» fabriqués à base de tsampa et de beurre, à la suite de ces deux journées la Thorma principale sera amené sur le flan de la montagne près du monastère pour y être brulée, cela clôturera le festival. Il y a eu dans l’après-midi la bénédiction des animaux, le yak, le cheval, le bélier ainsi que le chien. Tout cela sera le présage d’une bonne année pour tous. Quelques voyageurs de passage seront présent au cours de ces deux jours.

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Dimanche 11 juillet, le temps était de la partie pour ces deux journées, ce soir j’aide le cuisinier à préparer la Thukpa « soupe à base de pâtes» et quelques légumes. Je joue un peu les infirmiers, depuis mon arrivé un jeune moine avait le visage couvert de croutes, avec une pommade antibiotique cela à bien évolué. Au repas du soir je remarque un tout petit qui est entré aujourd’hui au monastère en train de pleurer dans un coin en ce tenant la joue, il a une rage de dents, 8-9 ans et déjà quelques dents cariées, je lui donne un anti douleur, ensuite un antibio pour les dents, 30 minutes plus tard la douleur s’était calmée, je vais lui faire suivre ce traitement pendant quelques jours, après on avisera.

août 8th, 2010 | in Eté, Ladakh, Voyages, Zanskar | 1 comment

Samedi 26 juin, me voici dans le taxi qui me conduit à l’aéroport, je viens de laisser mes deux coéquipier qui eux ne partent que ce soir pour la France. Cela fait du bien de se retrouver enfin seul après plus de 40 jours en compagnie. Ces 4 jours à Katmandu mon paru long, je n’av ais plus qu’une hâte, me retrouver en Inde. New Delhi, ville toujours aussi étouffante, mais je supporte sans problème cette chaleur moite. Le chauffeur de taxi m’annonce 42°, il est pourtant 17h30, la voiture non climatisée accentue d’autant plus cette chaleur. Trois bon quarts d’heure plus tard me voici à Majnu Ka Tila, le quartier tibétain où je réside à Delhi. Après une bonne douche salvatrice, j’arpente le quartier, complètement tibétain, hormis quelques touristes. Après le diner, je m’installe dans la chambre devant la télé pour la retransmission du match de foot Argentine Mexique.
J’avais appris à Katmandu les désillusions de l’équipe de France, certainement trop d’argent en jeu!!!!!

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Lundi 28 juin, j’ai retrouvé hier et aujourd’hui quelques connaissance dans le quartier, ces deux jours ont passé vite, les odeurs reviennent, je me sent bien.

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Mardi 29 juin, levé 2h30, mon avion pour le Ladakh décolle à 5h20. En prenant connaissance hier de la météo sur internet j’avais eu une petite crainte pour ce vol, effectivement elle s’est avérée réelle, le temps est mauvais sur Leh, les appareils ne décollent pas. Ce n’est finalement qu’a 9h30 que l’on nous donne le feu vert, il était temps car les avions ne peuvent voler au Ladakh l’après midi à cause des vents, à savoir que Leh est situés à 3600m d’altitude et l’atterrissage n’est pas des plus évident. Les vols d’hier avaient carrément été annulés. 1h15 plus tard me voici sur le sol Ladakhi, un taxi pour aller retrouver à Choglamsar, 9 km environ, la famille chez qui je vis. Belle surprise, j’y retrouve un Lama da Karsha Gonpa ainsi que Targuais un karsha-pa que je connais bien. Je ne vais pas rester longtemps dans la famille car le Lama me propose de ramener à Karsha une jeep, lui même n’ayant jamais conduit sauf depuis 2-3 jours à Leh cette voiture. J’accepte a proposition, départ demain matin à 7h

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Mercredi 30 juin, bagages rangés à l’arrière du véhicule, une jeep 2 places. Nous prenons la route et la pour moi, une première constatation, peu de frein, du jeu dans la direction!!! cela commence bien. Il s’avèrera plus tard que les essuie-glaces sont défectueux. Finalement une première journée sans problèmes, nous ne nous arrêtons pas pour la nuit à Kargil mais poussons jusqu’à Sanku deux heures plus loin, nous avions du temps et cela sera ça de gagner pour demain. Nuit dans le tourist-bungalow du village où l’on nous sert un repas chaud. Je suis satisfait de ma première journée de pilotage au Ladakh, les gens dans les villages nous regardez éberlués de voir au volant, un occidental. Je pense que cela n’arrive jamais ici, car pas de locations de voiture. Les touristes arrivent en bus ou taxi. A l’arrêt breakfast, nous sommes pris en photo le Lama et moi par des motards Indiens qui doivent trouver bizarre ce couple descendant d’une voiture. Je ne ressent pas trop de fatigue au bout de ces onze heures de conduite.

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Jeudi 1er juillet, départ 6h du matin, environ 240km à parcourir sur une piste pas facile à manier. Lama me propose de prendre le volant avant d’arriver au chek point de Rangdum, à peu près à mi chemin, j’accepte bien sur pour voir aussi comment il va gérer le pilotage. Rangdum est une longue vallée qui serpente le long d’une rivière, sans trop de virage, avant d’attaquer ensuite le col du Pensi-la. Je suis satisfait lorsqu’il me demande de prendre le volant, d’autant plus que je sent venir la fatigue, mal aux épaules et au cou. La piste est difficile, il faut donner tout le temps de l’attention car les cailloux et nids de poule ne manquent pas, avec de plus cette voiture pas facile à manier. Quelques minutes plus loin je n’en mène pas large, sa méconnaissance de la conduite est flagrante. Je fatigue plus que de conduire et me dit que je ne lui laisserai pas le volant très longtemps. Stop à Julno chez des connaissances du Lama. Nous déjeunerons avec la famille. Nous repartons sur la même piste assez plate, avant la montée, je prendrai le volant à ce moment là. Mal m’en a pris, dans une montée, à vitesse réduite, il accélère avant le virage, sent qu’il ne maitrisera pas la sortie, avec les freins défectueux et la direction trop lâche, il nous envoie contre un rocher, pas de mal pour nous, mais nous avions une chance sur deux que ce soit coté ravin et là nous n’aurions pas eu ce rocher pour nous stopper. Remerciement à Bouddha. Pour la jeep, elle ne veut pas ressortir de cette impasse, une voiture militaire passe à ce moment là et nous aide à la remettre sur la piste. Malheureusement le train avant coté gauche est enfoncé, le pneu touche devant et derrière des que l’on vire. Impossible de repartir, nous attendons pendant près de 2h le passage éventuel d’un camion ou d’une voiture, mais rien de tout cela. Pas vraiment envie de passer la nuit dans de telle condition, surtout que la neige est toujours présente. Pas de nourriture pas de vêtements très chaud…… La nuit précédente ces amis nous avaient dis que la température était tombé à 0°. Lama décide d’employer les grands moyens, il nous faut coute que coute arriver au village d’Abran bien après le Pensi-la, il connait du monde qui pourra nous accueillir pour la nuit, encore faut il y arriver. Nous démontons cette fameuse roue, avec une grosse pierre il tape coté arrière et réussi à repousser la carrosserie pour l’avant la barre qui touche le pneu est très dure et ne cède que peu d’espace. La roue remise en place je fais un essai, cette fois, si l’on peu repartir je ne laisse plus le volant, pour l’arrière du pneu c’est ok, pour l’avant cela touche toujours dans les virages importants, qu’à cela ne tienne nous repartons quand même, à vitesse réduite. Nous passons le col et entamons la descente vers la vallée du Zanskar, heureusement le pneu est de bonne qualité, il ne souffre pas trop de ce que je lui fais subir. Jusqu’à Abran nous n’aurons pratiquement que des courbes, un dernier miracle nous permet d’arriver au village à 22h30. Au passage d’un ruisseau faisant déferler un gros débit d’eau la voiture cale, les 4 roues dans l’eau, impossible d’avancer ni reculer, impossible de descende non plus. Lama ouvre sa portière et saute dans l’eau qui ne doit pas être très chaude, il fait nuit, un phare n’éclaire pas le second seulement le bas coté droit, nous voila bien mal loti, il essaie de pousser mais rien à faire, le torrent est rempli de blocs de pierre, tout d’un coup une torche au loin se rapproche de nous, deux Népalais qui travaillent l’été au Zanskar viennent vers nous, ôtent leur chaussures remontent leur pantalon et aident Lama à pousser, c’est payant, le véhicule sort de ce bourbier, nous sommes vraiment heureux de ne pas avoir à passer la nuit au milieu du torrent, en attendant qu’un éventuel véhicule nous sorte de ce mauvais pas. Arrivé à Abran nous nous arrêtons à la petite Gonpa où Lama Dorjé de Karsha est susceptible d’être là, nous apercevons de la lumière, oui il est là. Nous passons la nuit avec lui, après un repas léger accompagné de thé bouillant. Cette journée de 16h30 de conduite aura eu raison de mes muscles dorsaux et du coup, nous dormons juste sur un tapis mais la nuit sera excellente.