Mardi 15 juin, si la nuit précédente a été la plus froide, celle ci a été la plus chaude depuis notre entrée au Tibet, allez savoir pourquoi car, les caprices de la météo. Après un nouveau chek point, nous atteignons Saga vers 12h30, pour moi une des villes des plus agréable que nous ayons croisé, d’architecture complètement tibétaine ce qui lui donne un certain charme. Nous établissons le camp pratiquement les pieds dans l’eau, au bord du Brahmapoutre.
Je passe du temps pieds et mollets dans l’eau, un peu fraîche mais supportable, j’en profite pour faire une toilette restreinte. Nous sommes a 4400m, un ciel d’un bleu azur parsemé de quelques nuages blancs qui laisse leur reflet sur le fleuve. Quelques photos s’imposent. Allongé au bord de l’eau, je me prend à rêver, rêver de quoi? de tout, de rien, de la vie que je mène, des gens que je rencontre, des gens que je laisse en reprenant la route. J’ai également une pensée pour ceux qui ne peuvent mener à bien leur idéaux. En fin de nuit, je me lève pour une envie pressante, bien m’en a pris car j’ai devant moi une image inoubliable, je suis face à l’Est, le jour pointe, à ma gauche le fleuve où se reflètent les cimes noires des sommets avec en prime un ciel sans faille laissant apparaître la voie lactée et ses milliards d’étoiles dont quelques unes se mirent sur l’eau immobile car le vent est nul, beau spectacle que je prend quelques minutes à observer. Je me recouche l’esprit léger.
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Mercredi 16 juin, route vers le lac Dolung Tso après avoir passé le col du Darkyang la 5350m une vue magnifique de ce col, sur quelques hauts sommets au loin, des villages dans la vallée sous nos pieds. Nous installons le camp au milieu des tentes nomades, tout de suite une nuée d’enfants nous entourent, sourire aux lèvres.
Je passe un long moment avec une des familles, le thé au beurre nous tient compagnie, je joue avec les enfants. Voilà des moments que j’apprécie. Je sens que la nuit va être bonne, car courir avec des gamins qui en demandent et en redemandent est usant, nous sommes encore à 4800m, le souffle et court, mais cette complicité est tellement forte que je ne lâche pas. Après le diner, ils m’apprennent a cueillir des brins d’herbes pour en tirer la sève que nous suçons. La nuit tombe nous allons dormir.
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Jeudi 17 juin, La nuit a effectivement était de tout repos, ce matin encore réveil au milieu des yaks. Certains des nomades qui n’avaient pas de troupeau, lèvent le camp, ils se servent de mules ou de chevaux pour tirer leur charrettes. Les tentes et le matériel précaire sont entassés dessus, les gamins me disent au revoir Aba ce qui veut dire papa, c’est touchant. J’ai offert mon couteau de poche au fils ainé de la famille. Nous prenons la route après le déjeuner pour un dernier camp où nous resterons trois jours. 3h de route suffiront à rejoindre le tea shop prés duquel nous allons camper.
Nous nous installons juste en face le mont Shishapangma 8012m et le Gangbonchen 7800m, entre les deux quelques sommets moins importants. C’est très impressionnant ces hautes montagnes, c’est une première pour moi. Une ribambelle de nuages est accrochée sur les cimes, juste derrière se trouve le Népal. Derrière nous le lac Pelku Tso. nous voila bien entourés. nos tentes sont plantées au bord de la rivière, qui permet des pâturages tout au long de son cours, un passage obligé pour les bergers et leur troupeau qui ne manquent pas de s’arrêter pour nous dire bonjour. Ballades aux alentours agrémentent nos journées. Nous sommes maintenant à 4500m, les nuits sont moins glaciales, même s’il ,a un peu neigé la seconde nuit.
Le vent par contre ne cède pas d’un pouce, il a permis de chasser les nuages accrochés aux montagnes découvrant les cimes argentées sous les rayons du soleil.
Je vais faire un tour au bord du lac, il faut compter 3/4 km, je croise un important troupeau de chevaux qui paissent tranquillement au bord de la rivière qui serpente. Ma présence n’a pas l’air de les déranger puisqu’ils ne bougent pas d’un poil.
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Dimanche 20 juin, Depuis notre descente du Kailash nous n’avons rencontré aucun visage pale, seul des touristes Indiens qui viennent au Népal pour le pèlerinage du Kailash. C’est aujourd’hui notre dernier jour au Tibet, je commence à ressentir un peu de tristesse, quelques enfants viennent nous voir et récupèrent la nourriture qui ne nous servira plus. Le camion et le cook nous quittent ce matin.
Nous prenons la route de Nyalam où nous déjeunerons. en fin d’après-midi nous atteindrons Zhangmu pour y passer la nuit. Ville sans intérêt, prés de la frontière Népalaise. Nous restons ici ce soir car dans un sens comme dans l’autre la frontière ne peut se passer que le matin avant midi!!!!! Nous voici redescendu à 1800m après avoir longé de superbes gorges qui m’ont rappelé celle du Tarn. Nous sommes entrés dans une région humide qui permet cette végétation luxuriante, très verte. Ce voyage m’aura apporté beaucoup, d’une part la réalisation du pèlerinage Bouddhiste du Kailash, d’autre part la découverte de ce Tibet nomade dans les territoires des hauts plateaux tanshimalayens. Beaucoup de bon moments passés avec ce peuple qui mène une dure existence entre la haute altitude où l’air est raréfié, le froid de la longue période hivernale, le manque d’agriculture qui les empêche de se nourrir sainement, la tsampa «farine d’orge» le thé au beurre ou salé sont leur principale nourriture. Malgré ça j’ai découvert un peuple souriant et avenant qui partage sa cruche de thé.
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Lundi 21 juin, départ vers 9h ce matin pour Kodari à 8 km, vile tampon entre les deux pays, passage de frontière sans problème. Nous trouvons un taxi coté népalais pour nous ramené à Katmandu. 6h de route plus tard nous voici de retour au Tashi Dhele hotel. La descente de Kodari à Katmandu est superbe, beaucoup de verdure, maïs, riz qui donnent de belles couleurs aux paysages. Ici aussi de belles gorges et tout au long des villages s’étalent au bord de la route. La chaleur a repris le dessus, chaleur remplie d’humidité, quelques goutes avant d’arriver à Katmandu laisseront un semblant d’humidité. Nous avons 4 jours à passer avant mon départ pour Delhi, 4 jours à arpenter la ville.
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Pour terminer cette première partie je propose deux citations que je trouve tout à fait dans le contexte.
C’est de loin que je viens, et c’est loin où je vais. C’est tout ce que je sais.
Edna Schwarz
Et tant viendrait le songe qu’il emporterait la raison sur ce territoire où chaque temps recompose à l’infini l’espace de la quête et la mémoire du conquérant.
Jacques Bertoin





