DSC_2977.jpgMardi 8 juin, ce matin nous allons rendre visite à une famille vivant prêt du campement. Nous sommes accueillis avec le fameux thé au beurre de yak, beurre qui commence à rancir, il laisse une certaine amertume dans la bouche, je n’ai aucun problème pour l’ingurgiter, l’été au Zanskar nous avons le même breuvage et le beurre au bout de quelques semaines ranci lui aussi. Ce matin temps maussade, mais la pluie ne vient pas, tout est sec, la peau du visage, les lèvres, la gorge…. je ne devrais pas me plaindre car le pire est tout de même pour ce peuple qui doit souvent prier Bouddha pour qu’il leur octroie quelques goutes. Je passe un long moment allongé sur le dos, un tapis d ‘herbe très fine servant de matelas, près de la rivière, à observer les nuages se former et se déformer, voici un lieu propice à la méditation. Quelques tibétains viennent nous rendre visite, ils prennet des renseignements auprès de Tashi, qui sommes nous, que faisons nous ici…….

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Mercredi 9 juin, nous passons la journée au village de Daxung à une vingtaine de km, village pour moi sans intérêt, 3/4 maisons typiquement tibétaines, le reste trop récent à la mode chinoise. DSC_3015.jpgNous déjeunons au tea shop où une ravissante jeune fille nous réserve un accueil chaleureux, cela rend moins tristounet cette visite. A propos des tibétaines, c’est loin d’être la majorité mais certaines sont très belles. Visage fin avec des yeux brillants, leur confère une certaine grâce. Cela ne dure pas dans le temps car le climat se charge vite de maltraiter ses visages dont le sourire éclatant laisse apparaître une dentition d’une blancheur immaculée. Nous faisons une halte au retour dans une maison traditionnelle, un frère et sa très jeune soeur nous accueille, la famille est bouddhiste car dans la pièce un hôtel est dressé, orné de quelques Tankas «peintures sacrées sur soie» qui doivent dater, vu la poussière qui s’y accumule. Je repense au tea shop où l’on a déjeuner, un hôtel y était également dressé avec en plus une photo du Dalaï Lama, strictement interdit, au Tibet, cela veut dire, peux ou pas de patrouille chinoise dans le coin. Retour au camp, un troupeau de khyang «âne sauvage» nous coupe la route, nous cédons le passage car ils ne sont nullement effrayés par la jeep. Thé au soleil ou je supporte mais deux couches de vêtement. Sur le flan de la montagne devant nos tentes, deux pelleteuses sont en action, Tashi me dit que ce sont de richissimes chinois qui viennnet pour leur propre compte forer ce bout de montagne pour y récupérer de l’or!!!!!! Effectivement dans la soirée un berger me montre une pierre ornée de pépites provenant de cet endroit. Ces gens agissent en toute illégalité mais personne ne les dérange, le gouvernement à d’autres chat à fouetter. Après l’uranium pillé par eux même et l’or par les richissimes du pays, je comprend mieux pourquoi le Tibet les intéresse tant. D’autant plus que quelques grands fleuves prennent leur source dans la région du Kailash, voilà avec l’eau, encore une manne pour eux. Pour en terminer avec ce point, le sous-sol tibétain et d’une richesse extraordinaire, outre l’or, le lithium fait parti d’un des plus riches gisement au monde, on y trouve également du titane, du graphite, du plomb, cuivre, zinc, étain et autre charbon, il y a donc de quoi faire surtout que la main d’oeuvre ici est à prix réduit…..

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Jeudi 10 juin, départ pour le village de Kyantang Xong 4800m. Longue route désertique, le soleil brule, rien ne pousse, pas de troupeaux, un couple de gazelle s’arrête et nous salue presque, plus loin c’est un troupeau d’antilope qui nous scrute, l’on ne voit plus d’aigle, quelques rares grues cendrées prêt de minuscule point d’eau. Arrivé au village nous essayons la possibilité de dormir chez l’habitant, le vent est si violent que nous y serons mieux à l’abri. Nous trouvons une famille qui nous accueille, belle aubaine. Je joue avec leur jeune garçon à l’abris dans la cour, un vieux pneu fera l’affaire, il est heureux et malgré l’altitude ne se fatigue pas vite. Bonne soirée à l’abri.

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Vendredi 11 juin, Direction lac Takyel Tso 5000m, Déjeuner à Tsocheng, petite vile à majorité chinoise, nous en profitons pour remplir le garde manger qui s’épuise. Je nome cette ville la Las Végas tibétaine, le luxe et les casinos en moins. Ville au milieu de nulle part, une rue centrale et beaucoup de brouhaha. DSC_3045.jpgNous avons 150 km à parcourir, ce qui va nous prendre 5/6 heures, déjeuner au tea shop de Gishok, Arrivé au lac, impossible de trouver un point d’eau, dommage la vue est superbe, demi tour, nous dormirons au tea shop où une pièce était libre pour la nuit. Avant le diner je vais rejoindre un groupe de travailleurs qui s’activent à la réfection d’un petit pont, je passe un moment avec eux, certains mots tibétains sont identiques aux ladakhis. Cette nuit il a neigé, elle ne tiendra pas, le soleil de la matinée aura eu raison de sa couche fragile. Plusieurs fois dans la nuit, je me suis réveillé en sursaut semblant manquer d’air, il est vrai, nous sommes à 5200m.

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Samedi 12 juin, levé tardif, nous passons la matinée ici, après le lunch, nous reprenons la route du lac, des habitants du coin nous ont indiqué un point d’eau tout proche, effectivement nous le trouvons et installons le camp face au lac.

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DSC_3082.jpgDimanche 13 juin, faisons halte dans un camp nomade pour assister à la traite des yaks et la tonte des chèvres dont leurs poils serviront à la confection de manteaux et de pulls. Arrivée à Hot Spring, lieu où l’on trouve des sources d’eau chaudes. Une crevaison nous auras coutée une heure, c’est la première et pourquoi pas la dernière. Des nomades sont installés ici pour l’été, la saison pour eux se termine en septembre, comme chez nous je pense pour les bergers des alpages. Nous nous installons prêt d’eux. Voilà maintenant trois semaines que nous sommes à plus de 4200m, cela se fait sentir sur la respiration, le corps peine, éviter les efforts trop rapides, surtout depuis les quelques jours où nous sommes passés au delà des 5000m. J’ai trouvé plus aisé de passer le col à 5600m dans la journée et redescendre que de passer des jours et des jours au delà de 5000m. Malgré tout, ça va plutôt bien pour moi, toujours pas mis le nez dans la pharmacie, c’est bon signe, absolument aucune gêne mis à part le souffle qui se fait court. Je ne pense pas que nous autres qui vivons au raz des flots puissions habituer notre organisme à ces altitudes. Un vent violent se lève, sur ce plateau peu d’obstacle pour le ralentir. Une partie de carte avec les tibétains, j’ai réussi à comprendre le jeu.

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Lundi 14 juin, nuit glaciale, réveil au milieu d’un troupeau de yaks prêt à aller à la traite. Je ne vais pas avec les autres y assister, je connais et puis j’apprécie les moments où je reste seul. Nous roulons dans l’après-midi pour Raga, traversons un immense désert de pierres, avec toujours en fond d’écran ces sommets bruns et ocres, ici non plus pas de neige, donc peu d’eau un climat archi sec que le vent se complet à maintenir en l’état. Nuit dans un lodge, qui n’a e lodge que le nom car pour le reste, une petite pièce avec quatre lits. Le cuistot nous prépare des french fries que nous dégustons avec une bière, chinoise et mauvaise.