Mardi 15 juin, si la nuit précédente a été la plus froide, celle ci a été la plus chaude depuis notre entrée au Tibet, allez savoir pourquoi car, les caprices de la météo. Après un nouveau chek point, nous atteignons Saga vers 12h30, pour moi une des villes des plus agréable que nous ayons croisé, d’architecture complètement tibétaine ce qui lui donne un certain charme. Nous établissons le camp pratiquement les pieds dans l’eau, au bord du Brahmapoutre.
Je passe du temps pieds et mollets dans l’eau, un peu fraîche mais supportable, j’en profite pour faire une toilette restreinte. Nous sommes a 4400m, un ciel d’un bleu azur parsemé de quelques nuages blancs qui laisse leur reflet sur le fleuve. Quelques photos s’imposent. Allongé au bord de l’eau, je me prend à rêver, rêver de quoi? de tout, de rien, de la vie que je mène, des gens que je rencontre, des gens que je laisse en reprenant la route. J’ai également une pensée pour ceux qui ne peuvent mener à bien leur idéaux. En fin de nuit, je me lève pour une envie pressante, bien m’en a pris car j’ai devant moi une image inoubliable, je suis face à l’Est, le jour pointe, à ma gauche le fleuve où se reflètent les cimes noires des sommets avec en prime un ciel sans faille laissant apparaître la voie lactée et ses milliards d’étoiles dont quelques unes se mirent sur l’eau immobile car le vent est nul, beau spectacle que je prend quelques minutes à observer. Je me recouche l’esprit léger.
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Mercredi 16 juin, route vers le lac Dolung Tso après avoir passé le col du Darkyang la 5350m une vue magnifique de ce col, sur quelques hauts sommets au loin, des villages dans la vallée sous nos pieds. Nous installons le camp au milieu des tentes nomades, tout de suite une nuée d’enfants nous entourent, sourire aux lèvres.
Je passe un long moment avec une des familles, le thé au beurre nous tient compagnie, je joue avec les enfants. Voilà des moments que j’apprécie. Je sens que la nuit va être bonne, car courir avec des gamins qui en demandent et en redemandent est usant, nous sommes encore à 4800m, le souffle et court, mais cette complicité est tellement forte que je ne lâche pas. Après le diner, ils m’apprennent a cueillir des brins d’herbes pour en tirer la sève que nous suçons. La nuit tombe nous allons dormir.
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Jeudi 17 juin, La nuit a effectivement était de tout repos, ce matin encore réveil au milieu des yaks. Certains des nomades qui n’avaient pas de troupeau, lèvent le camp, ils se servent de mules ou de chevaux pour tirer leur charrettes. Les tentes et le matériel précaire sont entassés dessus, les gamins me disent au revoir Aba ce qui veut dire papa, c’est touchant. J’ai offert mon couteau de poche au fils ainé de la famille. Nous prenons la route après le déjeuner pour un dernier camp où nous resterons trois jours. 3h de route suffiront à rejoindre le tea shop prés duquel nous allons camper.
Nous nous installons juste en face le mont Shishapangma 8012m et le Gangbonchen 7800m, entre les deux quelques sommets moins importants. C’est très impressionnant ces hautes montagnes, c’est une première pour moi. Une ribambelle de nuages est accrochée sur les cimes, juste derrière se trouve le Népal. Derrière nous le lac Pelku Tso. nous voila bien entourés. nos tentes sont plantées au bord de la rivière, qui permet des pâturages tout au long de son cours, un passage obligé pour les bergers et leur troupeau qui ne manquent pas de s’arrêter pour nous dire bonjour. Ballades aux alentours agrémentent nos journées. Nous sommes maintenant à 4500m, les nuits sont moins glaciales, même s’il ,a un peu neigé la seconde nuit.
Le vent par contre ne cède pas d’un pouce, il a permis de chasser les nuages accrochés aux montagnes découvrant les cimes argentées sous les rayons du soleil.
Je vais faire un tour au bord du lac, il faut compter 3/4 km, je croise un important troupeau de chevaux qui paissent tranquillement au bord de la rivière qui serpente. Ma présence n’a pas l’air de les déranger puisqu’ils ne bougent pas d’un poil.
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Dimanche 20 juin, Depuis notre descente du Kailash nous n’avons rencontré aucun visage pale, seul des touristes Indiens qui viennent au Népal pour le pèlerinage du Kailash. C’est aujourd’hui notre dernier jour au Tibet, je commence à ressentir un peu de tristesse, quelques enfants viennent nous voir et récupèrent la nourriture qui ne nous servira plus. Le camion et le cook nous quittent ce matin.
Nous prenons la route de Nyalam où nous déjeunerons. en fin d’après-midi nous atteindrons Zhangmu pour y passer la nuit. Ville sans intérêt, prés de la frontière Népalaise. Nous restons ici ce soir car dans un sens comme dans l’autre la frontière ne peut se passer que le matin avant midi!!!!! Nous voici redescendu à 1800m après avoir longé de superbes gorges qui m’ont rappelé celle du Tarn. Nous sommes entrés dans une région humide qui permet cette végétation luxuriante, très verte. Ce voyage m’aura apporté beaucoup, d’une part la réalisation du pèlerinage Bouddhiste du Kailash, d’autre part la découverte de ce Tibet nomade dans les territoires des hauts plateaux tanshimalayens. Beaucoup de bon moments passés avec ce peuple qui mène une dure existence entre la haute altitude où l’air est raréfié, le froid de la longue période hivernale, le manque d’agriculture qui les empêche de se nourrir sainement, la tsampa «farine d’orge» le thé au beurre ou salé sont leur principale nourriture. Malgré ça j’ai découvert un peuple souriant et avenant qui partage sa cruche de thé.
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Lundi 21 juin, départ vers 9h ce matin pour Kodari à 8 km, vile tampon entre les deux pays, passage de frontière sans problème. Nous trouvons un taxi coté népalais pour nous ramené à Katmandu. 6h de route plus tard nous voici de retour au Tashi Dhele hotel. La descente de Kodari à Katmandu est superbe, beaucoup de verdure, maïs, riz qui donnent de belles couleurs aux paysages. Ici aussi de belles gorges et tout au long des villages s’étalent au bord de la route. La chaleur a repris le dessus, chaleur remplie d’humidité, quelques goutes avant d’arriver à Katmandu laisseront un semblant d’humidité. Nous avons 4 jours à passer avant mon départ pour Delhi, 4 jours à arpenter la ville.
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Pour terminer cette première partie je propose deux citations que je trouve tout à fait dans le contexte.
C’est de loin que je viens, et c’est loin où je vais. C’est tout ce que je sais.
Edna Schwarz
Et tant viendrait le songe qu’il emporterait la raison sur ce territoire où chaque temps recompose à l’infini l’espace de la quête et la mémoire du conquérant.
Jacques Bertoin
Mardi 8 juin, ce matin nous allons rendre visite à une famille vivant prêt du campement. Nous sommes accueillis avec le fameux thé au beurre de yak, beurre qui commence à rancir, il laisse une certaine amertume dans la bouche, je n’ai aucun problème pour l’ingurgiter, l’été au Zanskar nous avons le même breuvage et le beurre au bout de quelques semaines ranci lui aussi. Ce matin temps maussade, mais la pluie ne vient pas, tout est sec, la peau du visage, les lèvres, la gorge…. je ne devrais pas me plaindre car le pire est tout de même pour ce peuple qui doit souvent prier Bouddha pour qu’il leur octroie quelques goutes. Je passe un long moment allongé sur le dos, un tapis d ‘herbe très fine servant de matelas, près de la rivière, à observer les nuages se former et se déformer, voici un lieu propice à la méditation. Quelques tibétains viennent nous rendre visite, ils prennet des renseignements auprès de Tashi, qui sommes nous, que faisons nous ici…….
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Mercredi 9 juin, nous passons la journée au village de Daxung à une vingtaine de km, village pour moi sans intérêt, 3/4 maisons typiquement tibétaines, le reste trop récent à la mode chinoise.
Nous déjeunons au tea shop où une ravissante jeune fille nous réserve un accueil chaleureux, cela rend moins tristounet cette visite. A propos des tibétaines, c’est loin d’être la majorité mais certaines sont très belles. Visage fin avec des yeux brillants, leur confère une certaine grâce. Cela ne dure pas dans le temps car le climat se charge vite de maltraiter ses visages dont le sourire éclatant laisse apparaître une dentition d’une blancheur immaculée. Nous faisons une halte au retour dans une maison traditionnelle, un frère et sa très jeune soeur nous accueille, la famille est bouddhiste car dans la pièce un hôtel est dressé, orné de quelques Tankas «peintures sacrées sur soie» qui doivent dater, vu la poussière qui s’y accumule. Je repense au tea shop où l’on a déjeuner, un hôtel y était également dressé avec en plus une photo du Dalaï Lama, strictement interdit, au Tibet, cela veut dire, peux ou pas de patrouille chinoise dans le coin. Retour au camp, un troupeau de khyang «âne sauvage» nous coupe la route, nous cédons le passage car ils ne sont nullement effrayés par la jeep. Thé au soleil ou je supporte mais deux couches de vêtement. Sur le flan de la montagne devant nos tentes, deux pelleteuses sont en action, Tashi me dit que ce sont de richissimes chinois qui viennnet pour leur propre compte forer ce bout de montagne pour y récupérer de l’or!!!!!! Effectivement dans la soirée un berger me montre une pierre ornée de pépites provenant de cet endroit. Ces gens agissent en toute illégalité mais personne ne les dérange, le gouvernement à d’autres chat à fouetter. Après l’uranium pillé par eux même et l’or par les richissimes du pays, je comprend mieux pourquoi le Tibet les intéresse tant. D’autant plus que quelques grands fleuves prennent leur source dans la région du Kailash, voilà avec l’eau, encore une manne pour eux. Pour en terminer avec ce point, le sous-sol tibétain et d’une richesse extraordinaire, outre l’or, le lithium fait parti d’un des plus riches gisement au monde, on y trouve également du titane, du graphite, du plomb, cuivre, zinc, étain et autre charbon, il y a donc de quoi faire surtout que la main d’oeuvre ici est à prix réduit…..
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Jeudi 10 juin, départ pour le village de Kyantang Xong 4800m. Longue route désertique, le soleil brule, rien ne pousse, pas de troupeaux, un couple de gazelle s’arrête et nous salue presque, plus loin c’est un troupeau d’antilope qui nous scrute, l’on ne voit plus d’aigle, quelques rares grues cendrées prêt de minuscule point d’eau. Arrivé au village nous essayons la possibilité de dormir chez l’habitant, le vent est si violent que nous y serons mieux à l’abri. Nous trouvons une famille qui nous accueille, belle aubaine. Je joue avec leur jeune garçon à l’abris dans la cour, un vieux pneu fera l’affaire, il est heureux et malgré l’altitude ne se fatigue pas vite. Bonne soirée à l’abri.
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Vendredi 11 juin, Direction lac Takyel Tso 5000m, Déjeuner à Tsocheng, petite vile à majorité chinoise, nous en profitons pour remplir le garde manger qui s’épuise. Je nome cette ville la Las Végas tibétaine, le luxe et les casinos en moins. Ville au milieu de nulle part, une rue centrale et beaucoup de brouhaha.
Nous avons 150 km à parcourir, ce qui va nous prendre 5/6 heures, déjeuner au tea shop de Gishok, Arrivé au lac, impossible de trouver un point d’eau, dommage la vue est superbe, demi tour, nous dormirons au tea shop où une pièce était libre pour la nuit. Avant le diner je vais rejoindre un groupe de travailleurs qui s’activent à la réfection d’un petit pont, je passe un moment avec eux, certains mots tibétains sont identiques aux ladakhis. Cette nuit il a neigé, elle ne tiendra pas, le soleil de la matinée aura eu raison de sa couche fragile. Plusieurs fois dans la nuit, je me suis réveillé en sursaut semblant manquer d’air, il est vrai, nous sommes à 5200m.
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Samedi 12 juin, levé tardif, nous passons la matinée ici, après le lunch, nous reprenons la route du lac, des habitants du coin nous ont indiqué un point d’eau tout proche, effectivement nous le trouvons et installons le camp face au lac.
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Dimanche 13 juin, faisons halte dans un camp nomade pour assister à la traite des yaks et la tonte des chèvres dont leurs poils serviront à la confection de manteaux et de pulls. Arrivée à Hot Spring, lieu où l’on trouve des sources d’eau chaudes. Une crevaison nous auras coutée une heure, c’est la première et pourquoi pas la dernière. Des nomades sont installés ici pour l’été, la saison pour eux se termine en septembre, comme chez nous je pense pour les bergers des alpages. Nous nous installons prêt d’eux. Voilà maintenant trois semaines que nous sommes à plus de 4200m, cela se fait sentir sur la respiration, le corps peine, éviter les efforts trop rapides, surtout depuis les quelques jours où nous sommes passés au delà des 5000m. J’ai trouvé plus aisé de passer le col à 5600m dans la journée et redescendre que de passer des jours et des jours au delà de 5000m. Malgré tout, ça va plutôt bien pour moi, toujours pas mis le nez dans la pharmacie, c’est bon signe, absolument aucune gêne mis à part le souffle qui se fait court. Je ne pense pas que nous autres qui vivons au raz des flots puissions habituer notre organisme à ces altitudes. Un vent violent se lève, sur ce plateau peu d’obstacle pour le ralentir. Une partie de carte avec les tibétains, j’ai réussi à comprendre le jeu.
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Lundi 14 juin, nuit glaciale, réveil au milieu d’un troupeau de yaks prêt à aller à la traite. Je ne vais pas avec les autres y assister, je connais et puis j’apprécie les moments où je reste seul. Nous roulons dans l’après-midi pour Raga, traversons un immense désert de pierres, avec toujours en fond d’écran ces sommets bruns et ocres, ici non plus pas de neige, donc peu d’eau un climat archi sec que le vent se complet à maintenir en l’état. Nuit dans un lodge, qui n’a e lodge que le nom car pour le reste, une petite pièce avec quatre lits. Le cuistot nous prépare des french fries que nous dégustons avec une bière, chinoise et mauvaise.
Vendredi 28 mai, départ vers dix heures pour ces trois jours de marche qui je pense vont être exceptionnels. Alain et Michel filent devant avec Tashi, le cook est resté avec les quatres yaks qui vont porter bagages et intendances, ils vont vite me rattraper. Les chauffeurs et les deux véhicules nous attendrons à Darchen pour nous récupérer. Le temps est incertain, nous nous retrouvons pour le lunch de midi dans un tea shop nomade, quelques flocons à l’arrivée.
Pour l’instant pas de difficultés, la montée est douce et progressive, il suffit de garder son rythme. Une petite heure plus tard nous revoici à pied d’oeuvre, la neige a cessé. Je trouve la montée assez facile, pas de souci non plus avec le mal des montagnes, mon corps supporte, je ne souffre pas non plus du froid. Arrivée à Dirapuk 4905m dans l’après midi, c’est ici que nous passerons la nuit, je suis surpris que l’étape se termine déjà. J’ai pu faire quelques photos en route. Un poêle, dans la tente nomade qui sert de tea shop, nous réchauffent, j’apprécie ces bouses de yaks qui servent de combustible car s’il fallait trouver du bois ici nous aurions bien du mal. Le vent s’est mis à nouveau à nous siffler aux oreilles, jusqu’à présent nous n’aurons eu aucune journée sans qu’il nous accompagne. En face, de l’autre coté de la rivière la Gonpa de Dirapuk trône à flan de montagne. Les troupeaux de yaks nous rejoignent, chacun installe sont campement, Tashi décide d’aller plus en avant d’un km pour être partiellement abrité du vent, glacial maintenant, demain nous serons plus prêt pour traverser la rivière. Ce soir tout va très bien pour moi, demain est un autre jour. Diner et dodo de bonne heure, au chaud dans le duvet.
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Samedi 29 mai, ce matin départ vers huit heure car la journée risque d’être longue. Nous entamons tout de suite après la rivière l’ascension du Dolma la 5636m, le chemin est pénible, traversés de ruisseau sur pierres glissantes, par endroits, montée assez rude, nous avons eu peu plus de 700m de dénivelé dans la journée dont 500m en moins d’1 km. Cette grimpette se déroule en une énorme file indienne, yaks et chevaux compris, il y a des chevaux qui nous accompagnent pour les personnes qui seraient en difficultés, ils sont à louer. Je souffre un peu physiquement mais surtout à cause du souffle, je sens bien que l’air est raréfié, l’oxigène manque. Le paysage est de toute beauté, la rivière est encore remplie de glace par endroit, sur une épaisseur de 30-40cm.

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Je suis doublé, je double, mettre un pied devant l’autre devient de moins en moins aisé, en levant la tête j’apercoie les nombreux drapeaux de prière qui orne le col, ça donne du courage. Wouahou m’y voici, L’ascension aura était dure mais le mental était là, cela aura amoindri l’effort. Je m’assoie pour admirer les alentours, c’est beau. Beaucoup de monde sont postés là, je veux prendre du temps et ne pas redescendre tout de suite, je profite de cet instant magique… Je dépose les propres drapeaux de prière que j’ai amené ainsi que des bâtons d’encens que j’allume, je m’assoie et savoure, je n’ai vraiment pas envie de repartir mais la route est encore longue avant le camp de ce soir, il faut y aller. Le ciel se couvre à nouveau au moment où j’entame la descente, une neige sèche se met à tomber, pas trop gênante, une pente rude jusqu’au campement nomade où nous prendrons notre repas, je reste à l’intérieur de la tente, bois pas mal de thé. Nous nous sommes tous rejoint, départ pour Zutulpuk Gonpa 4600m, lieu de notre prochain camp, pas mal de dénivelé, cette fois dans la descente. La neige a cessé le vent se lève m’obligeant à sortir le bonnet. La route est longue, je n’en vois pas la fin, je désespère un peu, heureusement un soleil radieux fait son apparition. La fatigue se fait sentir à nouveau, j’en ai plein les jambes, respiration difficile malgré la descente nous perdons 1000m entre le Dolma la et Zutulpuk Gonpa. 18h, me voici au camp, je n’en peux plus, un peu de découragement, je m’abreuve de thé, retrouve une respiration à peu près normale, je me repose, ce soir je ne mangerai qu’un bol de pâtes, besoin de sucre lent pour la journée de demain. Ce qui me rassure c’est que je ne ressent aucune douleur liée au mal des montagnes.

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Dimanche 30 mai, nuit agitée, les muscles vont à peu près bien, je reprend la route avec un bon moral, en 4-5h je devrais atteindre Darchen où nous attendent les véhicules, je prend le temps d’admirer les décors. Voilà, trois jours plus tard je suis satisfait de ma Kora, pas facile je reconnais mais heureux de l’avoir faite.
Ce soir nous dormirons en lodge, diner dans un restaurant du village, je me régale de pommes de terre cuite avec du porc et différents légumes, le tout arrosé de thé vert, je n’ai pas perdu l’appétit. Je rentre pour écrire un peu, cette approche du Tibet me plait.
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Lundi 31 mai, fin de la première partie, nous entamons aujourd’hui un trek exploratoire qui doit nous mener sur les rives du lac Balung tso. C’est une région qui n’aurait pas encore été visité par des occidentaux. Sur le trajet en jeep vers Paryang, nous glanons quelques renseignements importants nous apprenant que la piste vers le lac existe bien mais à hauteur du col il n’y a plus de passage, seulement de la roche. Impossible donc de continuer dans cette direction, il y aurait un autre passage bien plus loin qui nous permettrait d’atteindre d’autres lacs. Nuit à Paryang, il est déjà tard.
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Mardi 1er juin, nous trouvons la route qui doit nous mener vers ces lacs. Une station service a la jonction de ces 2 pistes nous permet de faire le plein et de remplir 2 jerricans, car ensuite ce sera galère pour en trouver. Nous déjeunons à New Drongpa, village à majorité chinoise, sans intérêts pour moi, plus loin nous stoppons à Bordo Xang où se déroule une fête des écoles. En sortant du véhicule, je me rend compte qu’ils n’ont jamais vu d’occidentaux car les jeunes enfants ont peur et filent en courant dans les jupes de leur mère, chose encore plus incroyable les ados et adultes possèdent des téléphones portables équipés d’un appareil photo, c’est moi qui suit devenu le chassé, ils me tirent le portrait dans tous les sens, avec les uns et les autres aucun ne veux louper la sienne, me voilà vedette dans se petit village tibétain, je laisse faire comprenant que ça leur fait plaisir, tous rigolent, moi aussi. Je n’aurais moi même aucune photo de cette fête, ce n’est pas grave. Ils sont comme au Zanskar très étonnés par les poils des bras qu’ils me tirent par jeu, ils m’offrent une boulette de tsampa «farine d’orge» mélangée à du tchang « alcool préparé également à base d’orge» que j’accepte avec plaisir. Nous reprenons la route en doublant le mont Yun la gang ri 5350m. Route très longue, nous ne savons pas jusqu’où elle mène. Quelques km plus tard, nous apercevons notre camion arrêté sur le bas coté, une fuite de gazoil due certainement à un cailloux, le filtre est touché, réparation réussi, j’espère qu’elle va tenir jusqu’au bout. Nous roulons dans une vallée splendide, des tons ocres et bruns où de temps en temps vient se poser un peu de verdure pour nourrir les importants troupeaux de moutons, chèvres, yaks ainsi que des antilopes sauvages. Nous croisons également quelques couples d’aigles. Le problème maintenant est de trouver de l’eau pour installer le camp. Ces journées de jeep sont épuisantes, enfin vers 19h nous trouvons une rivière près d’un campement nomade, sans trop de roche pour pouvoir installer les tentes. Tout va bien, le soleil ne se couche que vers 21h30, le cook a le temps de nous concocter un repas. C’est du bonheur pour moi de me trouver là, au milieu de ces nomades qui peut être se posent des questions sur notre présence ici. Se termine pour moi une journée chargée d’émotions.
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Mercredi 2 juin, déception hier soir avant d’aller au lit, deux jeunes adultes du camp nomade viennent me demander une photo du Dalaï Lama, je n’en ai pas bien sûr, car il est interdit d’en posséder au Tibet, encore moins d’en passer à la frontière, la douane à mon avis n’est là que pour rechercher ces images que les voyageurs pourraient laisser aux tibétains. Si l’on est pris avec, l’on se fait refouler et impossible ensuite d’obtenir un visa d’entré. Quant au peuple il risque gros s’il est pris en possession de photos, les monastères sont tenus à la même règle. Nous reprenons la route, deux heures plus tard un groupe de tibétains nous dit qu’il n’y a aucune piste menant à ces lacs, demi tour, déjeuner au village de Lungar Town, le patron du resto nous confirme le fait, aucun accés possible, grosse déception, cherchons avec Tashi un palliatif, trouvons d’autres lieux sur la carte paraissant intéressant, mauvaise nouvelle, nous ne pourrons pas obtenir de yak faute de nourriture, il n’a pratiquement pas plu depuis deux ans dans ces plateaux transhimalayens pas d’herbe possible sur le trajet. J’ai du mal à accepter de quitter ces lieux superbes, Tashi trouve peut être une solution en consultant la carte, une possibilité de nous déplacer en 4/4 dans ces régions. ok on y va, pourra t’on réaliser tout le périple qu’il nous propose, 22 jours au total, nul ne sait, croisons les doigts. Nous campons près du village, un berger approche, il nous invite à venir passer un moment chez lui, c’est la maison la plus proche du camp, enfin maison!!!! une pièce de 20m2 où ils vivent à cinq, crasseux mais remplie de sourire et de bonne humeur, cela nous remet le moral au beau fixe.
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Jeudi 3 juin, peu de route aujourd’hui, nous camperons au bord du lac Damro Tso, la vue est splendide, le ciel d’un bleu azur me fait penser à des plages méditerranéennes, sans le béton i les touristes. A peine les pieds hors de la jeep, nous subissons une invasion de moustiques. Demi tour, nous repérons un point d’eau un peu en retrait du lac, cela fera l’affaire. Un yakier passera une partie de l’après-midi avec nous avec son troupeau. Je profite de la rivière pour faire un minimum de toilette et de lessive, le soleil et le vent sècheront tout ça. Cette nuit la température sera toujours négative, nous sommes à 4500m, je m’y suis fort bien habitué n’étant pas frileux. Je m’allonge un long moment au soleil en me protégeant car à cette altitude cela ne pardonne pas. J’imprègne ma mémoire du lieu où je me trouve et savoure le bonheur qui est le mien. En fond d’écran les cimes ocres, le lac turquoise, le ciel azur et les taches brunes des yaks qui paissent tranquillement, comment ne pas rêver à cette planète qui est une merveille de la nature.

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Vendredi 4 juin, nous prenons la route tard dans la matinée, faisont un stop au village de Dhapyel Tsaka prêt du lac salé Taro Tso, ce lac contient sous sa couche de 30 à 40 centimètres de sel, de l’uranium que le gouvernement chinois va bientôt s’empresser à piller. La lumière vive du soleil se réfléchissant sur le lac oblige à porter des lunettes de soleil. A l’entrée et sortie du village des tas de sel prêts à être vendu et expédié en chine, tandis que l’extraction continue sur le lac. Une boisson au tea shop, je sort faire une partie de ballon avec quelques gamins accourus pour voir les visages pales,les sourires fusent je les leurs rend bien. Déjeuner à Borchang Xang, nous voudrions aller camper sur la rive d’en face, pas de piste, nous traversons une sorte de marée salant, le camion s’embourbe, nous le sortons de son mauvais pas aidés d’un cable d’acier et de la jeep. encore un demi tour pour retourner à Borchang et y passer trois nuits. nous nous trouvons au point d’eau prêt d’une tente nomade, je passe une partie de l’après-midi et de la soirée avec eux, thé au beurre, tsampa, beaucoup d’enfants sous la tente, j’espère qu’ils ne sont pas tous frères et soeurs!! cela ferait une belle famille. Ils sortent les mains chargées de bonbons, j’ai l’impression que c’est leur nourriture favorite, il y a je pense une carence alimentaire, malgré les propriétés de la tsampa. La nuit tombe, je rentre sous la tente pour y passer une mauvaise nuit car je n’avais pas remarqué que j’était installé sur un monticule de terre placé au centre du sac de couchage, je tente de dormir la tête au pied mais rien n’y fait, la nuit se passera comme ça. Nous avons deux tentes pour trois personnes, je dors avec Alain tandis que Michel est seul.
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Samedi 5 juin, ce matin nous décidons avec Tashi d’aller revoir le village prêt du lac salé, une douzaine de km sur du terrain plat. En route nous tombons sur une tente nomade, je décide de rester avec eux, cela me permettra également de me retrouver seul, tant pis pour le village déjà vu. Elle est occupée par quatre personnes, le père et ses trois fils seuls les deux plus jeunes sont présents, ils m’offrent tsampa thé au beurre et bien sur les bonbons qui trônent prêt du poêle dans un énorme sachet. Quelques photos, j’apprend au plus âgé le maniement de l’appareil, je fais son bonheur, ils veulent ensuite visionner toutes les photos qu’il contient. Nous passons un long moment, il en faut peu pour créer un contact. Retour au camp où je charge mes batteries avec le panneau solaire prêté par une amie. Le vent se lève mais reste supportable, je monte faire un tour à l’école qui doit accueillir d’autres enfants que ceux du village vu l’ampleur des bâtiments.
Quelques gamins que j’ai déjà rencontré me font visiter la partie dortoir des bâtiments, effectivement il y a près de 24 pièces de trois lits superposés chacune avec un petit poêle au centre permettant de chauffer l’endroit, ceux sont des poêles identiques à ceux du Zanskar, alimentés avec de la bouse de yak ou chèvre.L’école accueille garçons et filles dés l’âge de 6/7 ans jusqu’à 16/17 ans. La encore certains gamins sont surpris de me voir pénétrer dans leur domaine privé, tout se passe bien au son de Tashi Dheley «bonjour au revoir» J’accompagne certains chercher de l’eau à la rivière, cette tache leu incombe, avec des jerricans plus ou moins importants selon leur âge. Ceux que j’aide doivent remonter de l’eau pour un de leurs instits, qui me voyant m’invite à rentrer chez lui boire du thé.
La nourriture, comme je le disais plus haut, est peu variée sur ces terres arides, l’altitude et l’été très court ne favorisent pas l’agriculture, rien ne pousse, les nuits froides empêchent également tout espoir de pousse. Cet environnement minéral est vraiment hostile. Diner sous la tente car le vent redouble, griffant mes joues abimées par le soleil, après le repas je suis invité à boire le thé dans une maison toute proche, j’y passe un moment agréable, la nuit est tombée lorsque je rentre, le ciel constellé d’étoiles laisse apparaitre une voie lactée lumineuse.
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Dimanche 6 juin, journée farniente, ballade au village, je serre des mains, chose que j’ai appris aux enfants pour leur permettre de toucher une peau qu’ils ne connaissent pas sans qu’ils soient effrayés, ça marche, ce sont eux les premiers qui tendent le bras en rigolant. Je passe du temps avec eux, ils n’ont pas court aujourd’hui, je retourne à l’école pour le plaisir de tous. Je réussi à faire jouer des filles qui elles sont plus difficiles à approcher. Lorsque vous fixer tout ce beau monde dans les yeux pendant quelques secondes, ils vous sortent leur plus beau sourire, leurs dents blanches adolescentes illuminent leur visage brun foncé déjà buriné par le soleil, le vent et le froid. Fin d’après-midi, je retrouve l’équipe pour aller boire une bière chinoise de mauvais gout dans le seul tea shop du village.

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Lundi 7 juin, route vers Daxung, nous passons à quelques encablures de la Gonpa de Borka que j’aurais aimé visiter, le guide me certifie qu’elle est interdite aux étrangers, j’ai du mal à le croire, je vais pourtant rester sur ma fin. Cinq heures de jeep nous mènent au bord du lac Dawa Tso 4700m, nous y camperon. Lac salé lui aussi, il est dominé par le Shak Gang Jam dont la cime argentée se mire dans celui ci. Je vais me répéter, superbes paysages tout au long de la journée.