Lundi 17 mai, bien arrivé à Katmandu après un vol des plus agréable sur les lignes Emirates que je continue à conseiller.L’Airbus 380 nouvellement sortie, est un avion vraiment confortable, rien à redire non plus sur le personnel de bord. Le gâteau spécial que l’on m’a servi à bord entre Paris et Dubaï était d’excellente facture. Je remercie Omar, qui se reconnaîtra, pour ce geste attentionné. L’escale à Dubaï m’a permis de découvrir leur salon «Loundge». J’ai en effet était invité par ma voisine de siège qui avait accepté de partager le gâteau, à venir nous détendre dans ces salons dont elle avait accès, car réservés aux membres «Skywards» Nous nous sommes régalés de champagne Veuve Clicot accompagné de saumon fumé, l’escale a été des plus agréable of course.
36° au thermomètre, chaleur humide, dans le taxi qui me conduit en ville la transpiration me glisse entre les omoplates. Katmandu n’a guère changé depuis mon 1er passage en 2008, je reconnais pas mal de quartier. Ville toujours aussi trépidante, le klaxon est roi ici. Bus , camions, voitures, motos et autres vélos se frôlent avec de rares accrochages, c’est une valse perpétuelle, je n’ai encore pas trouvé qui devait laisser la priorité à l’autre, c’est l’anarchie, tout le monde s’en moque, le plus téméraire passe, cela me rappelle la place de l’arc de triomphe à Paris où il ne fallait pas hésiter et foncer. Les piétons n’ont guère droit de citer. Je retrouve Alain et Michel, mes deux compatriotes de trek, au Tashi Dhele hôtel, ils sont arrivés ce matin. Diner en ville et dodo car la nuit précédente a été blanche, mais qui s’en plaindrait.

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Mardi 18 mai, réveil 9h30 après une mauvaise nuit à combattre les moustiques qui ont gagné le partie. Je disais que Katmandu n’avait guère changé, sur un autre plan non plus, je retrouve près de l’ex Palais Royal, tel qu’il y a deux ans, des gamins de 8/9 ans qui snifent je ne sais quel produit tranquillement devant un flic qui fait la circulation. Comment accepter cette autodestruction, pourquoi l’état pourquoi aucun organisme ne se bouge pour essayer d’en récupérer ne serait ce qu’un!! c’est lamentable, encore une fois je suis déçu par les réaction de l’être humain, j’en ai les yeux embués. Alain est OK pour aller visiter Bodnath, quartier Tibétain à la périphérie de la ville, c’est sa première incursion au Népal. Un taxi nous y dépose. Le plus grand Stupa au monde est situé ici même, majestueux, beaucoup de Tibétains exilés au Népal viennent lui rendre visite, je retrouve ici la sérénité Bouddhiste, beaucoup de Gonpa «monastères» sont installés ici. Une fois dans l’enceinte, tous les bruits de la ville sont occultés, le calme me réconforte, je retrouve Moines et Lamas, je suis apaisé. Les sons de musique d’une Puja m’interpelle, nous nous rendons dans la petite Gonpa où à lieu cette Puja, elle est dédié à un malade qui l’a réclamé, un habitant du quartier, suite à un début de maladie. Ces Puja se pratiquent souvent au Zanskar. On nous dit qu’elle va durer cinq jours. Un Mandala a été spécialement construit pour l’occasion. Nous restons un moment avec eux, cinq Lamas officient, le patient est là aussi. en sortant une pluie légère nous rafraîchit, elle est la bienvenue. Retour dans le quartier de Thamel, quelques courses et diner dans un restaurant terrasse. Gros orage ce soir sur Katmandu qui est une ville très humide.
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Jeudi 20 mai, journée d’hier à préparer le départ, visas, laissés passer, les chinois sont stricts sur les papiers. Un minibus vient nous chercher à 6h30 pour nous déposer à la frontière Tibétaine. Il nous faudra 5h pour atteindre Kodari, ville qui sépare le Népal du Tibet.Traversée de paysages agréables, très verts, l’humidité aidant, beaucoup de rizières et de maïs. Des quantités de petits villages se dressent au bord de la route, villages authentiques, les chinois n’y ont pas touché. Un départ tôt ce matin car la frontière n’est pas ouverte l’aprés midi, allez savoir pourquoi!! l’administration chinoise a ses raisons…. . Nous passons la douane assez rapidement, changeons de véhicule pour prendre une jeep Tibétaine avec guide, un petit camion va nous accompagner pour l’intendance et le cuisinier. Nous dormirons sous tente. Traversée du pont de l’ »Amitié» gracieusement offert et construit par le gouvernement chinois dans les années 60 !!!!!! l’on ne pouvait trouvé nom plus approprié, ainsi que la route Katmandu-Kodari appelé la route chinoise!!! Nous changeons de fuseau horaire en passant la frontière et nous calons sur l’heure de Pékin à 3500 km de là, encore une ineptie chinoise, nous ne sommes plus à une prés.
Arrêt déjeuner à Zhangmu, un plat de momos «sorte de raviolis» végétariens frits accompagnés de thé au beurre fera l’affaire, me voila dans l’ambiance.Depuis le temps que je rêve du Tibet, m’y voici. Nous changeons quelques euros en yuans. L’altitude ici est de 1800m, les paysages sont verdoyants, ce matin à Katmandu nous étions à 1200m. Nous prenons ensuite la direction de Nhyalan à 30 km d’ici pour nous monter à 3700m, cela fait pas mal en une journée. Traversée de deux villages sans charme. L’air est froid et vif, 34° ce matin pour 2 ou 3° ce soir, il faut s’habiller chaudement. Un tour en ville, je ne lui trouve aucun intérêt. Nous devions y passer 2 nuits pour s’acclimater à l’altitude, en commun nous décidons de n’en passer qu’une. Quelques photos, diner au lodge, je me décide pour un plat de yak arrosé de thé au beurre, je me régale. L’altitude ne me cause aucun problème pour l’instant, je n’ai pas pris de comprimé contre le mal des montagnes. Ce soir il tombe de la neige fondue, aie aie aie, pourvu que la météo ne soit pas trop capricieuse. Allongé sur mon lit, je savoure cet instant.
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Vendredi 21 mai, un superbe ciel bleu nous cueille au réveil, la neige d’hier soir a laissé des traces sur les sommets environnants. Après un frugal petit déjeuner de chapatis «galettes d’orge» omelette, thé au beurre nous voici sur la piste pour une journée de jeep. Paysages grandioses, quelques villageois Tibétains nous saluent au passage, dans l’après-midi nous faisons un stop chez des nomades qui nous accueillent avec la traditionnelle tasse de thé, quelques photos en accord avec eux, bien sûr. Je retrouve par endroits certains paysages du Zanskar, je ne suis pas dépaysé.
Les faciès des deux pays ont des similitudes, leur langage également, ils ont le même alphabet. Arrivée en fin d’après midi au camp ou nous passerons la nuit. Diner dans la tente mess, un vent violent se lève.
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Samedi 22 mai, nuit froide entre 0 et -5°, l’eau dans la tente mess est gelée. Une nouvelle longue journée nous attend, nous traversons les hauts plateaux Tibétains. Là encore de belles images, nous avons laissé les contreforts himalayens pour rouler au travers de déserts magnifiques, croisant d’innombrables troupeaux de moutons, chèvres et yaks.
Il fait très chaud dans la jeep car nous ne pouvons que rarement ouvrir les fenêtres à cause de la poussière. Nous avons longé un moment le fleuve Brahmapoutre qui prend sa source au mont Kailash pour se jeter dans le golfe du Bengale. Juste avant d’arriver au camp, nous croisons d’impressionnantes dunes de sables, nous pourrions nous croire dans le désert Saharien. Nous arrivons à Baryang 4400m où nous passerons la nuit. Des cohortes d’enfants nous rejoignent dès que nous installons les tentes. Cette après-midi visite de la Gonpa de Thatum, monastère du 7ème siècle en partie détruit, peut être par la révolution chinoise.
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Dimanche 23 mai, Aujourd’hui route vers le mont Kailash 6675m, traversée d’une steppe aride, peu d’habitation et de troupeau car une végétation pratiquement inexistante sur une majeure partie du trajet. Nous longeons un moment le lac de la Lune après avoir passé un chek point. Nous ne prenons pas tout de suite la direction du Kailash car nous avons du temps. Nous allons passer une nuit au bord du la Manasarovar 4530m, lac très important pour les pèlerins, qu’ils soient Bouddhistes, Indous, Böns ou Jaïm. Nous nous acquittons d’un droit d’entrée et faisons un arrêt au Chorten d’Horchu coiffé d’innombrables drapeaux de prière, j’en fais trois fois le tour. Des centaines de petits Cairns «empilements de pierres» parsèmes les alentours. Devant nous s’étale les eaux turquoises du lac, quelle beauté, à droite le mont Kailash et sa coiffe argentée domine le paysage. Un tibétologue Italien -Guiseppe Tucci- a dit: « Ce sont véritablement des lieux qui méritent d’être sacrés, tellement Dieu y a été prodigue de beautés étonantes, comme aux jours les plus heureux de la création » Il est sans doute l’un de s plus grands lac d’altitude du monde.
Nous nous dirigeons ensuite vers un camp de nomades nommé Tsaskuk Poung pour passer la nuit face au lac avec à droite le Kailash et à gauche le mont Nyananemo. Que rêver de mieux pour une nuit paradisiaque….. Air pur et vif à souhait.
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Lundi 24 mai, nous allons faire un demi tour du lac avec le 4/4, ce soir nous dormirons dans le village de Tsoshuk. Un vent léger fait frissonner le lac qui est constellé de vaguelettes. Il y a parait il dans ce lac une espèce de poisson qui servirait, une fois transformé en bouillie, aux femmes enceintes pour les aider à accoucher. A savoir que les tibétains ne mangent pas de poisson. Nous visitons au passage les Gonpas de Sharilong, Togo et Gossul.
Très peu d’animaux autour du lac, quelques moutons et oiseaux. Arrivée au village, installation et visite de Chiu Gonpa. Un vent mordant nous accueille, comment font ces hommes pour supporter une vie aussi austère? ce peuple a le plus souvent le sourire aux lèvres, le mental doit être mis à rude épreuve. On m’indique une douche mais les 45 yuans «7 dollars» demandés me coupe l’envie.De toute façon dans 3 jours je serai réduit dans le même état, ensuite jusqu’au 23 juin plus aucune possibilité de connaître le bonheur de passer quelques minutes sous la pommeau d’une douche, j’en prend mon parti.
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Mardi 25 mai, cette nuit les chiens nous ont fait un concert qui m’a tenu longtemps éveillé. Nos nuits sont souvent perturbées par ces chiens de nomades qui aboient de concert, faudra s’y faire. Dans la journée Tashi fini par dégoter un point d’eau à la sortie du village où nous pouvons nous décrotter un brin, de plus avec de l’eau chaude, j’y vais de bon coeur et m’offre même un rasage, la vie est belle. Je remarque que les habitants viennent profiter de l’aubaine pour faire de même et d’y apporter aussi leur lessive. Bel endroit pour des rencontres. Après le repas je monte visiter la petite Gonpa, sept Lamas y officient, c’est le maximum qu’autorisent les chinois.Le silence est impressionnant, pas grand chose ne vient troubler la sérénité des lieux. Ce soir Michel sort de sa besace une bouteille de bordeaux tandis qu’Alain y va de quelques tranches de rosettes, le tout est le bienvenu.
Mercredi 26 mai, après le rangement des bagages, tentes et autres cantines, nous prenons la route de Darchen, petite ville à majorité occupée par les chinois car le Kailash et ses hordes de pèlerins sont tout proches. Nous croisons un troupeau d’antilopes qui gambadent allègrement dans ces grands espaces, nullement effrayées par les bruits de moteur. Deux contrôles plus tard nous voici aux portes de cette ville sans charme, avec patrouille de militaires armés de bâton, pour taper sur quoi, je me le demande.
Quelques achats de provisions et nous continuons la route vers Tarbochey pour y passer deux nuits.
Ce campement sera pour nous le lieu de départ de notre Kora «tour du mont Kailash» qui fait environ 51 km.
C’est aussi le lieu où est dressé le mat orné de drapeaux de prière, ce mat est relevé tous les ans le jour de la pleine lune, fin mai début juin selon les années. Cette festivité s’appelle Saga Dawa. Pour 2010 ce sera le 27 mai.Ce mat restera érigé jusqu’à l’année prochaine à la même période. La Kora est un pèlerinage très important pour les Bouddhistes, les Indous, les Bôns et les Jaîns. Beaucoup d’Indiens font le déplacement ici. Une Puja a lieu sur place, officiée par sept moines. Enormément de monde, dont quelques touristes. Le Kailash avec sa cime argentée domine la cérémonie dans un ciel d’un bleu profond.












