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"Je vis" – Carnet de route d'un Globetrotter
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novembre 1st, 2009 | in Eté, Ladakh, Voyages | Leave a comment

Ce soir diner chez le Lama, ce sera mon dernier repas nous sommes rejoint par Stenzin Lamo et le chauffeur de la jeep qui fera le trajet jusqu’a Leh. Il est de Rantaksha, j’avais ete invite a son marriage en juillet dernier. Ce soir seconde nuit sans électricité, j’espère pour eux que cela ne va pas durer jusqu’au printemps prochain…. Levé 3h30 pour un départ à 4h, la nuit a été courte. Nous prenons quelques personnes en passant dans certains villages près de Karsha pour nous retrouver à 10 dans la jeep. Nous avons fait le plein. Dans le dernier village nous sommes accueillis au bord de la route avec du the brulant que l’organisme apprecie. Il fait très froid,j’ai les pieds gelés, je n’avais pas pensé en partant en juin à m’équiper pour le grand froid. Les véhicules ici sont fabriqués en Inde où ils n’ont pas besoin de chauffage, donc au Ladakh pas de chauffage non plus. 6h30, le jour pointe, je vois au travers des vitres a moitié givrées que les ruisseaux descendant des montagnes sont gelés ainsi que les bords de la rivière. Mes pieds ne vont pas mieux, je sais que je n’ai aucune solution pour leurs venir en aide, il faut donc que j’arrive à les oublier, ne plus y penser peut etre la meilleure solution. Pour avoir la tête ailleurs, je me remémore un passage du livre de Bernerd Ollivier, sur la route de la soie, répondant à des amis et familliers qui lui demandaient pourquoi à 61 ans il entreprenait ce periple de 10000 km à pied en 4 fois, avec tous les dangers que cela comporte en traversant des pays tel que la Turquie et l’Iran,  ne serait il pas mieux dans sa Normandie à bichonner ses pivoines….. il leurs repondait qu’il ne risquait pas plus dans ces pays dits dangereux que sur l’autoroute Paris Normandie ou en traversant les champs Elysées même sur les passages cloutés et il termine par cette phrase, ceux qui veulent mourir dans leur lit et ne s’en eloigne jamais sont déjà mort. Belle conclusion. Ceci pour répondre a mon fils qui me disait il y a quelques temps, il serait bien que tu te poses un peu. Je ne pense pas pouvoir adhérer à sa demande tout de suite, tant que mes jambes auront le pouvoir de me porter et ma tête celui de me guider, il me faudra bouger, voir ce qui se passe ailleurs. Nous croisons un couple de renard argente dote d’un superbe pelage tacheté de brun et  vert, pas effrayé du tout par le vehicule. C’est la première fois que j’en voyais au Zanskar.


Arrivée a Kargil vers 15h, nous nous installons dans le tourist bungalow de la ville pour passer la nuit. Grande chambre très propre avec salle d’eau où l’on peut dormir à 3 pour 200 roupies <3 euros>  Mes pieds ont retrouvé leur temperature corporelle, il est vrai qu’ici nous passons sous les 3000 m donc plus chaud qu’au Zanskar. Départ à 6h pour la dernière etape. Tout au long de la route les rivières et fleuves que nous longeons on tune couleur turquoise qu’ils n’ont pas en été. Est ce le peu de hauteur d’eau qui leur donne ce teint? Je ne sais pas répondre. 8h plus tard nous voila rendu a Leh. La route entre Kargil et Leh est de plus en plus praticable, goudronnée maintenant sur ses 2/3. A savoir que c’est une route stratégique pour l’armée Indienne ainsi que pour l’approvisionnement de Leh. Je me fais déposer à Choglamsar à 9 km chez la famille qui me recoit. Dans l’apres midi je me rend en ville pour faire changer mon billet d’avion pour Delhi qui est prévu pour le 11 novembre. J’obtiens une place pour le 28 octobre, génial. Je passe dire bonjour à Jigmet guest house, m’arrète dans une bakery acheter quelques brioches et retourne a Choglamsar. Diner en famille.


En me levant ce matin je  m’appercois que vous avez changé d’heure ce week end, mon IPod s’est mis a jour automatiquement. J’arpente le village, passé chez le coiffeur et rentre me mettre au chaud. Il a neigé pendant 2 jours la semaine  dernière, il y a emcore des traces  de verglas sur les trottoirs ombragés.


28 octobre, Lobsang qui a travaillé au mois d’aout avec mois et reste a Leh pour l’hiver a emprunté la voiture d’un ami et vient me chercher pour m’accompagner a l’aeroport. Je dois faire encore des au revoir à cette famille qui m’accueille avec beaucoup de Coeur. Dolma me demande de l’appeler en arrivant a Delhi,ce que je ne manque pas de faire. 1h15 de vol au dessus des sommets Himalayens enneiges. La chaleur de Delhi est plus supportable qu’à mon arrivé en juin, nous sommes tombées à 31 degres. Le calme du Zanskar est bien loin. Je me rebaigne dans la circulation intense de la capital, je supporte très bien le contraste. Je retrouve les <odeurs de l’Inde> un bouquin de Pear Paolo Pasolini, acheté avant mon depart, que j’ai laissé en attente a la maison. Arrivée a Majnu Ka Tilla, le quartier Tibetain où je m’installe lorsque je suis à Delhi, je m’y trouve bien et retrouve les sensations du Ladakh. Installation a Wongden guest house, je  pars trainer dans le quartier  et retrouve quelques moines de connaissance. Diner chez Ama qui en Ladakhi et peut etre en Tibetain signifie <Mere> Je rentre à ma chambre, allume la télé et tombe sur de bien tristes nouvelles, attentats en Irak au Pakistan en Afghanistan. Voila 4 mois d’oubli de l’actualité, effacés en quelques minutes. Pourquoi est on oblige d’en venir à tant de gachis pour trouver des solutions de façon à ce que tout le monde puisse vivre en paix sur un morceau de notre planète? Ne viendra t’on jamais à bout de la barbarie, la cruauté humaine n’a pas de prix. C’est bon, je ferme le poste et prend un bouquin en Francais acheté à Leh, <les enfants de minuit> de Salman Rushdie, d’après la critique,le plus reussi et le plus attachant de ses bouquins. Bonne nuit et surtout une douche que j’attendais depuis longtemps car au Zanskar c’est une chose impossible. Au fait j’ai pris un an de plus aujourd’hui, je peux le dire, 61 pour ceux qui auraient oubliés, une chose est sûre c’est que mes épaules les supportent à merveille même si j’ai perdu toute la graisse qui entourait mes muscles, pas de souci je vais la récuperer en France. Je remercie tous ceux qui y ont pensé et pardonne à ceux qui ont oublié. Ces mois d’éloignement aidant a l’oubli.


J’obtiens  un billet d’avion  pour Paris le 31 octobre. Pas de perte de temps, j’ai maintenant hate de rentrer. Ce matin je change de guest house car il n’y avait pas de place a la Wongden pour today, pas grâve.

novembre 1st, 2009 | in Eté, Ladakh, Voyages | Leave a comment

novembre 1st, 2009 | in Eté, Ladakh, Voyages | Leave a comment

Quelques jours passés à sillonner Karsha pour dire au revoir aux villageois. C’est toujours difficile de laisser ces gens si accueillants. Mais comme je dis, il faut partir pour pouvoir revenir. Avant la pose de l’hiver pour une majorité d’entre eux, c’est en ce moment la tonte des moutons, elle a lieu 2 fois par an ensuite les femmes cardent la laine avant de la mettre en pelote. Viendra après la période des festivités et des mariages, en attendant la fonte des neiges qui donnera le top de depart pour les semailles. L’hiver est aussi la période des grandes vacances pour les scolaires, du 15 decembre au 1er mars, les salles de classe n’étant pas chauffées, plus la difficulté pour se rendre à pied du domicile à l’école qui est souvent située dans un autre village, le trajet peut prendre jusqu’à 1h30.


23 octobre, ce soir diner chez Lamo avec Lama Sundup et Lakpa. Chaude ambiance, le poele pour l’hiver vient d’être allumé. Nous sommes accueillis avec une tasse de lait chaud tout frais sorti du pis de la vache. Préparation des momos “sorte de raviolis” avec une farce maison de differants legumes et mouton mélanges. C’est je crois la premiere fois que je les mange de cette facon, d’habitude ils sont soit aux legumes soit au mouton. Excellent. On m’offre un bonnet de laine avant de partir. Retour au bercail vers 11h après avoir escaladé le sentier qui mene a la Gonpa. Toujours monter ou descendre, le froid est vif. J’en profite pour admirer à nouveau ce ciel limpide avec la voie lactée au dessus de la tete dans une nuit sans lune. Cela rend la montée moins contraignante.


Ce matin je ne vais pas à la Puja, j’ai encore pas mal de chose a préparer et quelques visites a faire. C’est mon dernier jour à Karsha pour cette année. Je vais rendre a Tashi quelques bouquins qu’il m’avait confié, je reste dejeuner dans la famille et passe voir Kunchok qui a du courrier à me remettre pour la France. Cet après midi tout en preparant mon baggage, j’apercois de la baie de ma chambre, des minis tornades soulevant à grande hauteur la poussière recouvrant le sol tout en longeant la riviere. De ma chambre je domine une grande partie de la vallee jusqu’a Padum, comme la Gonpa a été construite a flanc de montagne rien ne vient altérer la vue, je vois les eaux turquoises de la Doda se jeter dans celle de la Tsarap pour former le fleuve Zanskar qui va se jeter dans l’Indus a l’ouest de Leh. Demain route vers Kargil et ensuite Leh, 2 jours de voyage, un sacré détour qui ne sera bientot plus qu’un souvenir, en effet une route est en construction pour aller directement de Leh a Padum, 150 km environ. Mais alors adieu le trek de la rivière gelée car la route suivra exactement son tracé. Les Zanskarpas reconnaissent que cela leur simplifiera grandement la vie et c’est tant mieux pour eux.