Mes journées à la Gonpa se déroulent, au rythme de la vie des Zanskarpas. Levé 6h, toilette de chat à l’eau froide, thé biscuits. L’été la première Pujas a lieu à 7h, elle dure environ 1h30 durant laquelle l’on nous sert du thé au beurre accompagné de tsampa, farine d’orge grillée que l’on mélange a un peu de thé pour en faire des boulettes, je rentre ensuite pour le breakfast. Selon les jours je passe du temps à l’école du monastère à aider le teacher, car il a en moyenne 22 élèves de 8 à 19 ans dans une seule classe. Pas évident de gérer tout ce petit monde. Je passe également un peu de temps aux cuisines. sinon je descend au village rencontrer les Karsha pa que je connais. Peu de temps morts, pas d’ennui. Le midi je mange souvent au monastère avec les moines. Lorsque j’ai du temps je me plonge dans l’apprentissage du Ladakhi, Tashi mon professeur n’est pas à Karsha en ce moment il rentre en septembre, je relie également quelques enseignements du Dalaî Lama que j’ai apporté dans mes bagages. Je passe pas mal de temps avec les moines chez qui je bois le thé. Je vais aussi avec eux aux Pujas qu’ils donnent à l‘extérieur du monastère, les villageois les font venir chez eux pour les crémations ou lorsqu’un membre de la famille a des problèmes de santé importants. Cela dure environ une journée. Le soir dîner chez Lama Sundup avec Lakpa le jeune moine qui vit chez lui. En ce moment nous passons moins de temps ensemble car il a une charge importante de gestion du monastère qui lui prend beaucoup de temps.
1er août, départ pour Rantaksha, Lama Sundup veut m’accompagner à Padum cet après midi pour prendre mon bus. C’est ok, je profite de la matinée pour aller dire au revoir aux Népalais, ils me proposent d’aller chez eux à Katmandu en septembre, je ne leur promets rien. Je rentre dans une des pièces en travaux et m’éclate le crâne sur l’angle d’une porte, à savoir qu’ici les portes sont basses pour ne pas laisser entrer trop de froid l’hiver. Je rentre me soigner car la plaie est ouverte. Sundup vient me chercher, miracle du Zanskar sa moto remarche!!!! on a du lui bricoler une réparation de fortune, il est vrai qu’il n’y a pas d’électronique dans ces moteurs. Je ne prend qu’un léger sac à dos pour bagage, un change de linge, mon ordi, le petit appareil photos, mes documents pour mon travail du mois d’août, je glisse au dernier moment le bouquin de Bernard Ollivier sur sa marche à pied en Asie « la route de la soie « offert par Karo et Anthony. nous voilà parti pour les 9 kms qui séparent Karsha de Padum 2 kms avant d’arriver le pneu arrière se dégonfle régulièrement, trop de poids, je descend, il finit seul je termine à pied. Internet marche, juste le temps de lire mes mails, je me dirige vers le bus qui finalement partira plus tôt. Heureusement que je n’ai pas traîné. 1h pour se rendre à Rantaksha, le bus est bondé d’écoliers qui rentre chez eux après leur journée d’école. Je monte à la maison qui m’accueille ces 2 ou 3 jours, c’est la dernière dans les hauteurs. Les deux soeurs, la soixantaine sont là ainsi que leur nièces, Nomzon la trentaine et Lamo 15-16 ans. Je suis ici dans une pure maison Zanskari, le sol et les murs sont en terre battue, seul 2 tapis hors d’âge permettent de poser nos fesses, 2 minuscules tables basses et un morceau de tronc d’arbre coupé en 2 servent de repose tasses. Un petit poêle ronronne dans un coin de la pièce, il est alimenté par du petit bois et des bouses de vache ou yack, l’allumer en été permet d’éviter d’user trop la bouteille de gaz, car elle est lourde à remonter jusqu’à la maison. Un chaton tout gris ronronne lui aussi dans la pièce, jouant avec une pelote. L’atmosphère est paisible, le temps donne l’impression d’être arrêté, je me réjouis au milieu d’elles, nous nous connaissons depuis 3 ans, rien ne change ici sauf des photos que je leur ramène qui sont maintenant accrochées au mur, je me reconnais sur quelques unes, elles rient avec moi en les regardant. L’une d’elle prend son tricot, une écharpe en laine de mouton, elle fait ça sans aiguille, seulement à base de noeuds très fins, un travail de longue haleine, mais ici le temps ne compte pas rien ne presse, pas de stress. La laine est cardée l’hiver, mise en pelote et ensuite tricotée. Justement par rapport au stress je discutais en 2007 avec un couple de psychologue sur un fait, j’avais remarqué que les enfants ni les adultes ne se rongeaient les ongles, ils m’ont répondu que c’était du à l’absence de stress. J’ai remarqué également que les enfants ne se bagarraient pas, ils chahutent mais cela ne va pas au delà, je n’ai pas eu de réponse pour ce fait. Je regarde les 2 soeurs, leur bouche en grande partie édentée, leur peau d’un brun foncé ridée à souhait par le soleil et le froid mais leurs yeux et leur visage rieurs, je me plais à les observer. Un homme entre pas plus de 20 ans, elles lui offrent des tagis, galettes de pain à base de farine de blé, accompagnés de piment fait maison, thé au beurre, ils discutent un long moment et s’en va. J’ai déjà remarqué que les jeunes ainsi que les enfants discutent beaucoup avec les anciens, chez les moines aussi. De la fenêtre la pleine lune se reflète dans la Doda, rivière qui longe le village en contrebas, c’est beau, on prend du temps pour admirer les beautés de la nature. Réveil assez tôt, dehors un âne et son bébé de quelques semaines jouent, ils se retrouvent les 4 fers en l’air, se frictionnent le dos sur la terre et se rétablissent sur leurs 4 pattes. Cela méritait bien une tétée que l‘ânon prend goulument. De jeunes enfants jouent tout près en les excitant. Deux jours de mariage, toujours beaucoup de monde et d’ambiance. Les danses mais aussi le chang sont au programme. Finalement mon bus pour Leh ne partira que le 4 août à 3h du matin de Padum. Je décide de ne pas dormir et passe cette partie de la nuit au mariage. A 3h je récupère mon bagage et me dirige vers la piste où passe le bus. Je le fais stopper avec ma frontale m’installe à ma place et essaye de dormir, impossible c’est trop cahoteux, je sommeille. Le jour se lève à 5h30, le bus est plein, beaucoup de Zanskarpas dorment. 1ère journée dans ces paysages sublimes, nous dépassons Kargil et allons passer la nuit à Mulbekh, la route du lendemain sera moins longue. Je reste dormir dans e bus car j’ai peur de ne pas me réveiller après la nuit blanche que je viens de passer. Arrivée à Leh à 14h, grosse chaleur, il faisait meilleur au Zanskar. Je vais acheter une brioche et quelques biscuits pour la famille de Phuntok et prend une jeep pour Choglamsar. Phuntok est à l’école, je déjeune avec le reste de la famille. Après un passage chez le barbier, ballade dans le village, dîner et dodo. Je ne passerai qu’une nuit ici, j’ai rendez vous le lendemain avec Yoann à Jigmet guest house. Je récupère mon groupe le 7 août à l’aéroport de Leh. 3 jours obligés d’accoutumance pour eux car le passage de 0 à 3700m en 1h15 peut créer quelques problèmes dus au mal des montagnes. Visite des gonpas autour de Leh ainsi que de l’école de réfugiés Tibétains. Découverte de la ville et de la foule des trekkeurs de juillet et août.
10 août, tôt le matin notre jeep vient nous chercher direction Karsha au Zanskar avec une nuit à Kargil. Très bon voyage, pas de problèmes de mal des montagnes. Nous déjeunons le second jour dans une doksa « bergerie « un picnic était prévu. Arrivée à 18 h à Karsha. J’installe mon groupe composé de 2 femmes, dans les familles qui les accueillent pour le séjour en homestay, chacune dans une famille, moi dans une 3ème, ce qui permet de faire travailler le plus de famille possible. Visite de tout ce qu’il y a à voir au village ainsi qu’à la Gonpa et la nonnerie, invitation chez des amis pour certains repas. Rencontre avec Sonam Wangchuk, amchi et astrologue, personnage très érudit du Zanskar, il est en train de terminer un livre sur la médecine amchi. Je profite d’une soirée pour aller dîner avec les Népalais.
14 août, départ pour Zangla où nous allons passer 2 jours c’est court mais le Dalaï Lama arrive le 17 au Potang près de Padum, sa résidence au Zanskar. Visite de la nonnerie où nous passons un long moment avec les nonnes, j’en connais pas mal. Je retrouve Thérésa une Américaine qui vit ici depuis 2 ans, elle donne des cours d’anglais à l’école de la nonnerie, ainsi qu’Anne une autre Américaine, photographe, que j’ai connu l’année dernière.
17 août, lever 5h, nous prenons un bus pour nous rendre au Potang accueillir le Dalaï Lama qui arrive de Leh en Hélico. Une foule que je n’ai jamais vu au Zanskar est là pour le recevoir, une haie d’honneur compacte c’est formée autour de sa résidence, il arrive en voiture, vitre ouverte installée à coté du chauffeur. 3 jours d’enseignements et de Pujas, des moines sont venus du sud de l’Inde pour y assister, c’est très émouvant. Les enseignements se terminent à 13h, nous allons déjeuner à Padum ou rentrons à Karsha dans nos familles. Les filles ont décidé de venir pendant les 3 jours, c’est ok.
20 août, nous nous rendons au village de Tsazar que je ne connais pas pour y passer 2 nuits. Installation dans les familles, visite d’un petit temple et du village situé au bord du fleuve Zanskar qui fait devant lui un S majestueux, très calme, sinon le bruit du vent dans les arbres, endroit idéal pour se reposer, le village a du charme, les maisons sont très espacés, ll ne reçoit pas encore l’électricité, ils utilisent la bougie ou le panneau solaire. J’ai juste envie de m’allonger, regarder le ciel, écouter le vent. Si la vie sur terre était partout égale à celle ci alors beaucoup de gens ne souffriraient plus. L’argent nous dirige et nous pourrit la vie, ici on vit avec ce que l’on a, on cultive ce que l’on a besoin pour nourrir sa famille et pas plus.
21 août, très bonne nuit, je part seul faire un tour, un homme et son âne me fait signe au loin, j’y vais, c’est Stenzin que j’ai connu à Karsha Gonpa il était là pour la rénovation d’un appartement, il travaille le bois et était avec le groupe de Népalais que j’ai connu. Il me dit qu’ils sont là à la construction de la nouvelle école du village. Il m’invite à prendre le thé, me fait visiter son temple bouddhiste installé dans une grande pièce de sa maison, beaucoup de statues et de livre de prières anciens, une pièce magnifique. Je le laisse pour aller faire une lessive au ruisseau, étant le linge sur des pierres brûlantes de soleil et vais rejoindre les Népalais sur leur chantier. Ils ouvrent de grands yeux étonnés de me voir ici. Je vais déjeuner avec eux, ils m’empêchent de faire autrement. Ils me font promettre de venir cet après midi sur le chantier avec l’appareil photos et de rester dîner ce soir avec eux, c’est ok. Je rentre dans ma famille il est près de 14h, seule mon hôte est là, elle m’a préparé un déjeuner, impossible de refuser, me voilà attablé avec elle en tête à tête, c’est très rare ici de se retrouver seul avec une femme Ladakhi. Chapatis, pabas préparés à base de farine d’orge et de petits pis mélangés, légumes, dzo fait à base de lait de vache, c’est délicieux, j’avale tout malgré le peu de place dans l’estomac. Nous déjeunons devant une grande baie vitrée ensoleillée, le ciel est magnifique, le vent de l’après-midi se lève faisant onduler les champs d’orge dorés par l’avancé de l’été. Au loin devant les cimes enneigées un troupeau, mélange de vaches, yacks, ânes, chèvres et moutons paissent dans une quiétude sans faille. Quel spectacle. Cette pièce qu’elle a fleuri avant que je n’arrive respire la sérénité. comment veux-tu avoir envie de partir…. Tout est fait pour me lier ici. Cela me rappelle un séjour dans l’Atlas Marocain avec un ami, nous étions partis avec un guide, un muletier et sa mule, à la rencontre des villageois, vivant comme ici sans eau ni électricité, la même bonté dans le coeur, nous offrant ce qu’ils avaient, rien avoir avec leurs frères vivant en occident dans des banlieues sordides avec la haine et la rancoeur. Je prend ma plume pour écrire ces lignes et voilà mon hôte qui revient une assiette remplie de farine d’orge mélangée à du thé au beurre et du sucre, cela donne un met excellent, le dessert est très rare au Ladakh. Je passe à l’école rencontrer le teacher, et les élèves, je reste un moment avec eux et rejoint les Népalais pour faire quelques photos. Dîner avec eux, bonne soirée.
22 août, nous quittons le Zanskar en jeep pour nous diriger vers le Pensi la, un col à 4400m où nous passerons la nuit dans une bergerie d’altitude, où de nombreux animaux passent l’été. Il n’y a en principe que des femmes dans ces doksas, celles ci sont installés au pied d’un glacier, beau point de vue malgré le froid qui commence à piquer. La température à cette période peut tomber la nuit à 0°. Vers 18h le troupeau rapplique pour se faire traire, une cinquantaine de vache et dzomo, vache coupée avec un yack, s’étalent autour de la doksa. La encore une bonne soirée où nous mettons sur pied une parodie de la pub Nespresso jouée par les 2 filles en nonnes et moi en moine, nous sommes éclatées ainsi que les Ladakhis. Les filles dorment sous tentes moi dans la bergerie avec les odeurs de fromages. Avec le lait, les filles fabriquent du beurre du fromage et du dzo, elles récoltent également les bouse de vaches qu’elles revendent aux Ladakhis. 12h30 am, réveil en fanfare, je sort à moitié endormi, les bergères sont à quelques mètres de là en poussant des cris et allumant leur torche, je pensais que des vaches étaient en train de partir, mais non, elles me signalent la présence d’un ours dans les environs. 15 minutes plus tard tout le monde rentre se coucher. Lendemain matin 5h30 nouvelle traite,plus de trace d’ours. Départ pour Kargil en route nous nous arrêtons à Rangdum visiter la Gonpa que je ne connais pas, beau temple où officient une quarantaine de moines. Nous doublons 2 sommets à plus de 7000m le Kun et le Nun, sous le soleil c’est grandiose. Nuit à kargil où je passe chez le barbier. Kargil ville à majorité musulmane que je n’arrive pas à apprécier, les regards sont durs, l’oeil et noir.
24 août, route pour Leh, stop à Mulbekh pour visiter le Bouddha gravé directement dans la roche. Visite de la Gonpa d’Alchi, grand monastère Ladakhi avec de très belles et anciennes peintures, réputées dans le monde entier. Installation à Jigmet guest house où je retrouve une amie qui est venue passer quelques jours au Ladakh pour les enseignements du Dalaî Lama.
25 août, ne des flles veut assister aux enseignements, c’est aujourd’hui le dernier jour, je l’accompagne à Choglamsar. Beaucoup de monde, je dirai 50000 personnes. Retour à Leh sur le toit d’un bus, temps libre pour leur dernier jour au Ladakh.
26 août, 6h départ pour l’aéroport je les dépose et rentre finir ma nuit à la guest house. Nous décidons avec Jonathan, accompagnateur RBM d’aller passer 2 jours au Changtang, une des 5 régions du Ladakh où vivent beaucoup de nomades Tibétains éleveurs de yacks. Nous programmons le lac Pangong, 4242m d’altitude, le plus grand lac d’Himalaya, long de 130 km. Il nous faut une autorisation gouvernementale pour atteindre cette région car nous approchons de la frontière Tibétaine qui est extrêmement surveillée par les Chinois. Nous partons avec 2 Français et Sonam un Ladakhi qui a sa famille dans la région. Il nous faut 5h de route en jeep pour atteindre le lac. Paysages grandioses, nous passons le Chang la, col à 5342m sous la neige, toujours impressionnant d’arriver à ces hauteurs ou l’oxygène se raréfie. Nous apercevons le lac au loin, c’est magnifique, les couleurs vont du bleu ciel et marine au vert émeraude, une eau limpide, d’une température douce sur les bords. Silence total, nous n’avons pas envie de parler. Beau site pour passer une nuit à la belle étoile. Ce ne sera pas pour cette fois car nous devons partir pour le village de Shachukul où habite la famille de Sonam. Le village a du charme, aucune maison les unes sur les autres. Pas de sentier, nous longeons les cultures, croisons des villageois tout sourire. Ils ne doivent pas voir souvent d’occidentaux, car la route se termine ici. Pas de passage pour le Tibet autre que par le lac où il n’y a pas de bateau. Bonne soirée en famille.
28 août, Ce matin visite de la Gonpa habitée par une quarantaine de moines, beau temple qui a reçu la visite du Dalaî Lama il y a 3 ou 4 ans, la Gonpa est dotée d’une école pour les jeunes moines. Nous passons ensuite à l’école du village où les élèves s’apprêtent à rentrer en classe, nous assistons dans la cour à la récitation d’un Mantra «prière» et de l’hymne Indien, cela se passe ainsi tous les jours dans toutes les écoles Indiennes et Ladakhis. Les instits nous accueillent et passons un moment avec eux avant d’aller rencontrer quelques femmes du village qui travaillent artisanalement la laine de mouton et de yacks pour en faire des pulls, chaussettes, bonnets etc. En route pour Thuruk à quelques kms de là, village dotée d’une école à énergie solaire, peut être la seule du pays, construite astucieusement avec des murs d’une quarantaine de cm d’épaisseur qui conserve la fraîcheur en été et certainement la chaleur en hiver. Retour à Leh avec un stop à la Gonpa de Chemray que je n’avais pas revu depuis 2004. Ils ont construit un superbe musée à l’intérieur. Là aussi de très belles peintures, une Pujas débute au moment de notre départ. Chemray est située sur un pic rocheux qui la met généreusement en valeur.
30 août, arrivée de Yoann accompagnateur RBM qui va accompagner un goupe en septembre pour la voie des cols. Je me met au travail pour terminer le cmpte rendu de mon groupe ainsi que le bilan. Ce soir Maïté m’accompagne chez un ami Amchi «médecine par les roches et plantes». Je tousse depuis quelques jours, il me donne des pilules pour 4 jours, je dois le revoir après.
31 août, journée pluvieuse, il y a longtemps que je n’avais pas vu la pluie toute une journée.
2 septembre, je travaille sur le blog. Je commence à trouver le temps long à Leh, trop de bruit et de touriste, j’ai hâte de repartir au Zanskar. Tashi un ami vient de passer me voir, il m’a réservé un Tatasumo «taxi pour les locaux», je vais rentrer a Karsha avec eux, il part le 5 septembre. Diner avec le groupe de Yoann qui est arrivé ce matin.