Me voici de retour a Leh pour venir récuperer mon groupe. Je les emmène ensuite au Zanskar. Je vais très bien, tout est ok, pour preuve j’en suis à ma 4eme invitation pour des mariages ! Les communications avec le Zanskar sont mauvaises voilà pourquoi je ne peux envoyer que peu de nouvelles. En attendant voici la première partie de mon carnet de route « brute ». Bonne lecture …
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1h30 a.m. lundi 22 juin 2009, me voici dans le taxi qui m’amène à Majnu Ka Tila, colonie Tibétaine où je réside lorsque je suis à Delhi, la chaleur est encore présente, le chauffeur me dit qu’en ce moment au plus chaud de la journée la température monte jusqu’à 45°Ce ne sera pas un réel problème vu que je n’y reste que 2 jours. Après un bon repos à la Wongden guest house dans une chambre climatisée tout de même, me voilà sur pieds pour arpenter ce quartier que j’affectionne. Rencontre avec des moines de connaissance, quelques achats pour les amis Zanskarpas. Ce soir dîner chez Ama, restaurant très fréquenté, pas de place, c’est souvent le cas, il faut savoir être patient, on me demande si je veux bien m’installer à la table d’un Lama « moine » on lui pose la même question, c’est ok. Il s’avère qu’il est « Rinpoché », il faut savoir que dans la religion Bouddhiste l n’y a pas de hiérarchie. Les personnages les plus importants tel le Dalaï Lama, le Karmapa, le Panchen Lama et les Rinpochés sont tous des réincarnations de leur prédécesseur respectif. Seuls les Lamas peuvent espérer une évolution dans leur vie monacale en devenant « Head Lama » de leur Gonpa. Pour cela il leur faut avoir rempli les taches dans tous les domaines du monastère et être érudits en philosophie Bouddhiste. Je ne vais pas plus loin dans cet exposé car je pourrais remplir de nombreuses pages. Revenons à notre dîner, Kalu Rinpoché, c’est son nom et Bouthanais mais officie dans une Gonpa en Inde près de Darjeeling, il me propose de venir passer quelques temps avec lui l’année prochaine dans son monastère, ce que j’accepte bien volontiers. Il insiste pour régler les repas. Nous passons la journée du lendemain ensemble, je l’accompagne à l’ambassade de France car il doit faire une demande de visa pour venir passer 2 mois en France. Ce soir rencontre avec Shaman un Indien vivant dans ce quartier Tibétain qui m’a rendu un grand service en novembre dernier pour récupérer un de mes bagages qui avait été égaré par la compagnie aérienne, il m’a évité un aller retour Leh Delhi. Dîner ensemble avec Kalu Rinpoché chez des Nepalais.
24 juin vol tôt le matin pour Leh capitale du Ladakh. Phuntok le neveu de la famille qui m’accueille est venu me chercher à l’aéroport, j’ai la sensation d’arriver chez moi, ces paysages montagneux, ce peuple….. Un taxi pour Choglamsar, village où ils habitent à 9 km de Leh, me revoilà baigné dans cette vie, changarmo « thé au lait » biscuits ensuite chakanté » thé au beurre » plat de riz aux légumes, l’accueil est chaleureux. Les 2 petites filles 14 mois, 3 ans ont grandi, l’aînée me reconnaît, elle n’est plus apeurée par l’homme blanc qui s’introduit dans sa kangpa « maison ».Je passe dix jours avec eux dans ce climat de sérénité, il n’y a pas de confort, la nourriture est toujours répétitive, riz a tous les repas servi avec des légumes ou du mouton ou des lentilles, des soupes et lorsqu’elles arrivent par avion, des pommes ou bananes, au petit déjeuner chapatis « crêpes à base de farine d’orge avec confiture ou omelette ou encore légumes, back tea, milk tea , butter tea. Phuntok 19 ans qui fréquente l’école Bouddhiste sera en vacances le 2 juillet pour 5 semaines, nous partirons ensemble le 3 juillet pour le Zanskar, il est lui même Zanskarpa, ses parents vivent à Rantaksha prés de Karsha ou je vais m’installer au monastère chez un ami Lama. Je retrouve à Leh quelques amis dont Tashi un Zanskarpa qui me donne des cours de Ladakhi. Départ comme prévu le 3 à 4h du matin après avoir réservé 2 places dans le bus local. Nous avons passé la nuit chez un Lama qui a une chambre en face les départs des bus, bien pratique. Nous partons pour 2 jours de voyage pour faire les 180 Kms à vol d’oiseau qui séparent Leh de Padum capitale du Zanskar une des 5 régions du Ladakh. Il n’y a pas de piste qui relie les 2 villes, les véhicules sont obligés de passer par Kargil, un trajet de 480 kms. Nous arrivons tôt à Kargil, ville à majorité musulmane que je n’apprécie pas beaucoup, le chauffeur pousse jusqu’à Sankoo sur la route de Padum pour nous raccourcir la journée du lendemain excellente idée je trouve, sauf que la Resthouse réservée au Ladakhi pour se nourrir et dormir est fermée, impossible de trouver le responsable. 2 solutions s’offrent à nous, dormir assis dans le bus ou allongé par terre sur le parking!!!!!! Nous partons Phuntok et moi au village manger une soupe, il discute avec 3 gars assis à coté de nous, très bonne idée ils nous proposent une chambre où nous pouvons dormir à 5 ou 6 sur des tapis pour 150 roupies en tout 2 euros 50, c’est plus que correct. Ce matin lever à 3h30 après une bonne nuit au chaud, nous sommes en juillet mais les nuits sont fraîches à 3700m, départ 4h sur une piste désastreuse mais qui nous fait découvrir de sublimes paysages, glacier, col à plus de 5000m, je ne me lasse pas de cet endroit magnifique, bien sûr chez nous nous avons les Alpes,les Pyrénées…mais ici c’est magique, savoir que l’on se dirige vers une région pratiquement inaccessible sauf par cette piste de fin mai à mi novembre en été et par la rivière gelée en janvier et février. 17h nous voilà rendu à Padum, c’est je crois la 1ère fois que j’arrive à destination sans problèmes mécaniques ou crevaisons, mon record est de 23 entre Padum et Leh. Toujours autant de poussière ici, quelques treckeurs sont là, Phuntok prend une tatasumo » taxi local » pour se rendre à Rantaksha village de ses parents quant à moi je fais de même pour Kars ha. 9 Kms séparent les 2 villages, Padum est la capitale du Zanskar mais n’est en fait qu’un village. Arrivée au monastère je retrouve quelques jeunes moines qui m’aident à monter mes bagages chez Lama Sundup, le Lama chez qui je vis. Il est là, chaleureuses retrouvailles, thé biscuits, installation, cet hiver il m’a construit une petite chambre au 1er étage. Lakpa, jeune moinillon est là, il vit chez Lama Sundup, tous les jeunes moines vivent avec un adulte pour parfaire leur éducation religieuse, matin et soir apprentissage des prières Bouddhistes. Après une bonne nuit, 1ère Pujas « cession de prières » au temple, retrouvailles cette fois avec une partie des moines, très chaleureuses car maintenant je les connais à peu près tous. Certains se poser la question les premières années où j’étais là, de savoir pourquoi un occidental venait vivre au monastère, ils ont compris maintenant que je ne venais pas en touriste mais bien pour vivre leur vie. Je n’étais pas sur du tout qu’ils m’acceptent, c’est chose faite. Je passe la journée à les visiter les uns et les autres, je reprends mes marques, la vie s’écoule au rythme du monastère, je ne m’ennuie pas, rien ne me manque. Je me souviens en 2007 avoir écrit sur une des pages de mon cahier, 2 simples mots » je vis « .
6 juillet, anniversaire du Dalaï Lama, 74 printemps, je me rend au Potang « sa résidence lorsqu’il vient au Zanskar donner des enseignements » en moto avec Lama Sundup, il vient de l’acheter pour faciliter ses déplacements dans les villages depuis qu’il a sa nouvelle fonction à la Gonpa. Toute une journée de fête, chants danses et divers discours, beaucoup de monde, même si le Dalaï Lama n’est pas présent. Ce jour là il reste à Daramsala, ville où sont accueillis les réfugiés Tibétains en Inde.
Aujourd’hui dimanche, jour de lessive, les jeunes ont l’école du lundi au samedi. Je descends à la rivière avec quelques uns, c’est beaucoup plus pratique que de laver au tuyau sur les marches du monastère. Il n’y a pas d’eau courante dans les maisons. On en profite pour se décrasser, l’eau est froide mais au bout de quelques minutes on s’y habitue. Le linge est étendu sur des murets, le soleil et une légère brise permet un séchage rapide. Un jeune moine m’appelle pour aller rendre visite à sa famille qui vit au village, nous passons un agréable moment ensemble, ils m’apprennent que leur fils aîné de 12 ans est parti pour Daramsala, il a pu être sponsorisé pour sa scolarité, pour lui c’est très bien, les parents n’auraient pas eu les moyens de faire cet effort. L’éloignement parental est beaucoup mieux accepté ici qu’en occident, le Bouddhisme prône, ni attachement matériel ni physique, ce qui facilite la séparation des enfants pour les écoles ou les monastères.
10 juillet, je profite du passage d’un groupe de R.B.M. l’association de tourisme avec laquelle je travaille au Zanskar 1 mois par an, pour passer la journée avec eux. Le matin visite de l’école de Pipitting où j’ai moi même un filleul que j’aide pour qu’il soit scolarisé. Jeep pour la Gonpa de Stongdé où se déroule un festival de danse Bouddhiste.
13 juillet, Phuntok vient nous retrouver à Karsha Gonpa, il vient me chercher pour aller à Rantaksha où on est invité à un mariage. Nous prenons le bus du matin qui va à Padum, passage obligé et en fin d’après midi nouveau bus pour Rantaksha. Une journée à Padum pour téléphoner et envoyer quelques mails, rien ne marche, c’est le Zanskar, j’essaierai au retour. 3 jours de festivités où le tchang « boisson préparée à base d’orge » coule à flot, je reste sérieux et n’en abuse pas. Le 4ème jour nous voilà parti à pied pour un village voisin, un nouveau mariage nous y attend. Ces fêtes sont toujours très colorées et durent jusqu’à 5 jours. Cette fois je laisse le tchang et reste sur le thé au beurre. Nous devions rester dormir mais il s’avère qu’il n’y a plus de place, on nous prête un petit tapis et une couverture. On s’installe Phuntok et moi sous ce couchage improvisé pour passer le reste de la nuit sur le toit terrasse de la maison. Le froid ne nous permet pas de faire de beaux rêves même si le ciel constellé d’étoiles s’y prête. La pleine lune n’aidant pas à trouver le sommeil.
Lendemain matin bus pour Padum, internet ok téléphone non. Je passe chez le coiffeur me faire raser tête et barbe, déjeuner de momos 3 sorte de raviolis cuits à la vapeur ». Achat de légumes et me voilà dans une Jeep pour Karsha, Phuntok fait de même pour Rantaksha.
Depuis le 15 et jusqu’au 19 juillet tous les après midi sont consacrés aux répétitions pour le festival de Karsha, se sont les moines qui danses pendant 2 jours pour éloigner les mauvais esprits qui pourraient perturber la sérénité du monastère pendant une année. Les occidentaux et les villageois sont présent ces 2 jours fêtes, les appareils photos crépitent. Le soleil dans la cour du monastère est assommant, les femmes ont sorti leur plus beaux habits ainsi que leur pérac « coiffe qu’elles portent pour toutes les cérémonies, ornées de diverses pierres » les moines aussi ont sorti leur costumes de danses, très colorés, rien a voir avec leur robe rouge. 2 belles journées.
22 et 23 juillet je suis invité par l’ancien maire de Karsha pour le mariage de son neveu. Avant de m’y rendre je décide de monter à Tukchyjal « nonnerie de Karsha » voir Sonam Wangchuk qui vit tout près. C’est un ha « médecin traditionnel soignant avec les plantes » et Astrologue, il est considéré comme un personnage important au Zanskar, dû aussi à son grand savoir sur la philosophie Bouddhiste. Nous déjeunons avec le teacher de Karsha Gonpa qui vient de nous rejoindre. Je les laisse après le repas, redescend au village où Lamo, soeur de Lama Sundup m’interpelle pour venir boire un thé, me voilà reparti pour les différents thés accompagnés de 2 bols de tukpa « soupe à base de pâtes fraîches et légumes ». Mon estomac cri au secours. Il est maintenant 16h je pars pour le mariage, Thubstan n’est pas là, il est au village de la mariée, il ne rentrera que cette nuit, je bois un thé mange du riz sucrée et monte au monastère. Des ouvriers Népalais me demande de venir boire un thé, je monte sur leur chantier, ils ne parlent que Népalis et quelques mots de Zanskarpa, ont arrive à se comprendre. Ils viennent travailler l’été au Zanskar, chez eux le travail est rare, ont les emploient pour refaire les pistes et les maisons. Ils m’invitent à venir dîner avec eux ce soir, ce que j’accepte volontiers. Ils mangent et dorment sur le chantier. Pendant le repas un moine voisin nous rejoint. Je n’est pas ma lampe frontale et reste dormir chez le Lama.
Réveil pour la Puja, journée au village, je repasse au mariage, beaucoup de monde, je passe 2h avec eux et remonte au monastère après avoir acheter quelques biscuits pour les Népalais qui m’ont invité à nouveau à rester avec eux pour le dîner bonne soirée accompagnée de chants.
Je rencontre Yoann de R.B.M. à la Puja du matin, il accompagne un groupe pour un trek, je vais aller déjeuner avec eux.
26 juillet, je pars à pied avec un jeune moine, les autre étant parti la veille, à Pippiting pour la résidence du Dalaï Lama où ont lieu des Pujas exceptionnelles, je n’ai pas encore très bien compris pourquoi, Retour en fin d’après midi, je ne reste pas coucher au Potang.
27 juillet, je profite d’une Jeep pour ma rendre à Padum. Pas de connections internet ni de téléphone, j’aurai au moins le mérite d’avoir essayé. Déjeuner, quelques courses, je ne m’éternise pas. Je trouve un véhicule qui remonte à Karsha vers 12h30, belle aubaine le bus étant à 16h. Le monastère est vide, les moines étant toujours au Potang. Je passe l’après midi avec les Népalais, dîner avec eux. Coucher chez un jeune moine qui m’invite, je ne le vois pas souvent, il étudie au Drépung en Inde du sud, grand monastère du Karnataka, il est en vacances.
Aujourd’hui je profite du calme de la gonpa pour faire une lessive. En rentrant, je retrouve Lamo qui est venue faire du ménage chez Lama Sundup. Déjeuner avec elle. Fin d’après midi les moines rappliquent les Pujas sont terminées.
Quelques jours sans bouger du monastère, je passe des moments délicieux sous une lumière éclatante, je ne me lasse pas de ces montées et descentes en permanence. Je peux dire vue sous cet angle que la vie est un long fleuve tranquille. Je passe de longs moments avec les cinq Népalais, je prend au moins un repas par jour avec eux hier soir ils ont préparés des chapatis, chez eux ils appellent ça des rôties, ils étaient délicieux avec une assiette de légumes. Ils se sont mis à chanter et danser, j’ai sorti ma petite caméra et fait un bout de film avec eux, ils étaient heureux car aucun touriste ne s’intéresse à eux, ils m’ont aussi adopté, chaque fois que je passe près de leur chantier, ils me font signe de passer les voir. Demain je me prépare à retourner à Leh au Ladakh, je vais récupérer mon groupe de voyageur que j’amène au Zanskar, ils sont en Inde pour 24 jours. Lama Sundup va me réserver une place dans le prochain bus, dimanche ou lundi, rien n’est sûr. En attendant demain matin je vais à Padum ensuite dans l’après midi Rantaksha où m’attend un nouveau mariage. Je prendrai donc le bus à Rantaksha, c’est sa route.
Lobsang